Accueil >> Industries >> Télécommunication >> Détail d'article
Les obstacles s'accumulent. Photo: Bloomberg
Face au jugement de la cour d’appel du Québec, comment pourrait se solder le projet de rachat de BCE par le consortium mené par Teachers?
BCE tombe à pic
La Cour d'appel bloque la transaction
BCE n’en démord pas. Elle s’accroche à son projet et a déclaré qu’elle ferait appel à la Cour suprême du Canada. De plus, elle demandera que le procès soit entendu rapidement.
La cour suprême accèdera-t-elle à cette requête? Rien n’est moins sûr. À défaut d’un traitement prioritaire, les délais entre les demandes d’appel et les jugements à la cour suprême se chiffrent en mois, voire en années. Or, BCE a jusqu’au 30 juin 2008 pour obtenir toutes les autorisations nécessaires pour cette transaction.
Une autre option serait que BCE s’entende avec les détenteurs de débentures pour un règlement à l’amiable. Pour l’analyste Jonathan Allen de RBC Marchés des Capitaux, ce règlement pourrait coûter jusqu’à 1,3 milliards de dollars, qui devrait être déduit du prix de la transaction.
Encore faudrait-il qu’il y ait volonté de négocier. «Nous pensons que les détenteurs de débentures préfèreraient que la transaction ne se fasse pas, qu’ils récupèrent la valeur de leur investissement plutôt que de négocier quelque accord hors des tribunaux», écrit Jeffrey Fan de UBS.
L’analyste rappelle que le consortium mené par Teachers peut encore faire marche arrière sans payer de frais de rupture, sachant que le CRTC et Industrie Canada n’ont pas encore donné leur accord définitif.
Si Teachers et ses partenaires se rétractent, les analystes relèvent que Telus pourrait encore être de la course et présenter une offre concurrente. Là encore, les obstacles sont nombreux. À l’issue d’un tel regroupement, la nouvelle entité détiendrait 60% du marché du téléphone cellulaire. De quoi faire froncer les sourcils du Bureau de la Concurrence, relève Joseph MacKay de Valeurs Mobilières Desjardins.
Et puis, Telus peut-il se permettre de jouer les chevaliers? Un tel rachat diluerait son bénéfice par action au détriment de ses actionnaires actuels qui ont déjà vu leur titre baisser de 25%. En outre, depuis que Telus s’est désisté en juin dernier, l’accès au crédit est devenu autrement plus complexe. Par conséquent, si jamais Telus revenait à la charge, «le prix offert serait sensiblement plus faible que celui proposé en juin dernier», relève Jeffrey Fan de UBS.
Autant dire, qu’à ce stade, les chances de rachat de BCE sont minces. La probabilité de rachat par Teachers au prix de 42,75 dollars n’est plus que de 20%, selon Jeffrey Fan de UBS. Chez Valeurs Mobilières Desjardins, on estime «ne pas avoir d’autre choix que de supposer que la privatisation ne se fera pas».