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Charles Sirois n’entend pas revenir sur le devant de la scène avec un nouveau projet d’entreprise. «J’ai donné. Je consacre maintenant beaucoup de temps à d’autres projets», a-t-il fait savoir aux affaires.com.
Loin des projecteurs depuis l’effondrement de Téléglobe, Charles Sirois est sorti de l’ombre le 20 mai dernier pour participer au débat «Prises de contrôle étrangères : faut-il s’en inquiéter? Faut-il agir?», organisé par l’Institut Économique de Montréal à l’Hôtel Omni.
«Nous avons invité M. Sirois, car c’est un homme d’affaires qui n’a pas peur de débattre ses idées, il est original et en plus, il était heureux de participer», a indiqué André Valiquette, directeur des communications de l’Institut.
Selon Charles Sirois, il est important de faire une distinction entre propriétaire et investisseur : l’un voit à long terme, l’autre vise le rendement à court terme. C’est pourquoi il est en faveur de politiques qui visent à valoriser le statut et le développement des propriétaires d’entreprises.
Charles Sirois estime aussi que l’intervention de l’État pour interdire ou limiter les prises de contrôle de sociétés canadiennes par les étrangers est mal avisée. (Lire l’article et visionner la capsule vidéo : Faut-il freiner les prises de contrôle étrangères? )
Âgé de 54 ans, l’homme d’affaires a débuté sa carrière en 1979 en prenant les rênes de la petite entreprise de radiomessagerie de son père à Chicoutimi, Setelco.
Avec l’aide de son oncle Denis et ses 200 000$, Setelco devient National Pagette. La suite, c’est de l’histoire. Celui qu’on surnomme «le p’tit vite de Chicoutimi» bâtit son empire en fusionnant National Pagette à Bell Cellulaire, qui deviendra BCE Mobile, où il est nommé président et chef de direction de 1988 à 1990. Il fonde également MicroCell Télécommunications et devient président et chef de direction de Téléglobe de 1992 à 2000.
En 2000, BCE achète l’entreprise montréalaise pour 7 milliards de dollars. Deux ans plus tard, BCE met fin au financement de Téléglobe, déficitaire, et en décembre de cette même année, Téléglobe cède ses actifs à Téléglobe International Holdings (TIH), établie aux Bermudes.
C’est en 2006 que l’entreprise refait surface lorsqu’une société indienne,Videsh Sanchar Nigram Limited (VSNL), met la main pour une bouchée de pain sur Téléglobe International Holdings. La firme, qui siège à Singapour, achète alors TIH pour 239 millions de dollars. Les actifs de VSNL étaient évalués à 2,5 milliards de dollars américains en 2006.
Capital de risque et philanthropie
Aujourd’hui installé au 38e étage de la tour IBM à Montréal, l’ancien président et chef de direction de Télésystème National préfère se consacrer au capital de risque et à la philanthropie.
«J’ai développé un groupe de capital de risque qui agit au Québec et à l’étranger. On identifie des entreprises de talent et nous mettons notre capital derrière eux. Ça peut être à court, moyen ou long terme. Nous agissons comme copropriétaire et investisseur», a-t-il dit aux affaires.com. Le groupe est actif sous le nom de Télésystème.
Les yeux de Charles Sirois s’illuminent quand il parle de son deuxième projet : Enablis Entrepreneurial Network, un organisme à but non lucratif. «On développe des entreprises sur le territoire africain. Une économie ne peut être forte que s’il existe des propriétaires et des entrepreneurs sur le territoire.»
Visionnez le vidéo:
Outre ces deux passions, Charles Sirois est également membre du conseil d’administration de la Banque CIBC, du Groupe Cossette Communication ainsi que de l’Orchestre Symphonique de Montréal.
Il détient un baccalauréat en finances de l’Université de Sherbrooke ainsi qu’une maîtrise en finances de l’Université Laval. De plus, il a un doctorat honorifique de l’UQAM, l’Université d’Ottawa, l’Université Laval et de l’Université Concordia. Il a par ailleurs publié deux livres : The Medium and the Muse publié en 1995 ainsi que Organic Management: Creating a Culture of Innovation publié en 2000.
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