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Georges St-Pierre est une des vedettes de MMA (Mixed Martial Arts). Il se dit prêt pour son combat de samedi.
Associés à des combats de rues il y a quelques années seulement, les combats extrêmes sont devenus une industrie du divertissement très lucrative.
Les billets pour la soirée de combats extrêmes présentée ce mois-ci au Centre Bell se sont envolés en quelques jours. C’est la première fois que l’Ultimate Fighting Championship (UFC), la principale ligue de combats extrêmes des États-Unis, organise un événement au Canada et c’est celui qui a attiré le plus de spectateurs de l’histoire de la UFC.
Du point de vue du marketing, la métamorphose de cette industrie est impressionnante. D’autant plus que la vente de billets ne représente que la pointe de l’iceberg. Grâce à la télévision à la carte, un seul événement de l’UFC peut rapporter à l’organisation des revenus supplémen¬taires de 20 millions de dollars.
Il y a quelques années encore, ce sport était interdit en de nombreux endroits en Amérique du Nord.
Aujourd’hui, c’est le sport qui connaît la plus forte croissance aux États-Unis. Toutefois, les soirées de combats extrêmes ne sont toujours pas autorisées en Ontario et dans plusieurs États américains. Pour se faire accepter, l’industrie s’est d’abord donné un meilleur encadrement : défense de donner des coups de tête, de frapper à la colonne vertébrale ou de cracher sur son adversaire, combats par catégorie de poids, etc.), puis elle s’est définie en fonction de la concurrence.
« Notre sport répond à une question très ancienne : quel est le meilleur art martial ou sport de combat ? » dit Stéphane Patry, président de TKO, la plus importante ligue canadienne de combats extrêmes.
C’est, entre autres, en se situant par rapport à la boxe, que ce sport a gagné du terrain. La stratégie du président de la UFC, Dana White, est simple : il propose plus d’événements d’envergure gratuits (par le réseau de télévision Spike TV) que la boxe pour se faire connaître et conquérir des amateurs. Et il offre aux spectateurs plus d’action sur le ring.
Une autre partie de la stratégie de marketing consiste à miser sur les athlètes, comme l’explique Stéphane Patry, qui connaît bien les avantages et les défauts de sa discipline.
C’est lui qui a milité devant le CRTC, dans les années 1990, pour que l’organisme fédéral autorise à nouveau la diffusion de ces combats. « Nos athlètes sont de vrais sportifs avec beaucoup de qualités », affirme le président de TKO. Ne nous leurrons pas, précise-t-il, cela n’a rien d’une partie de golf…
Il y a une violence inhé¬rente au sport. Mais il ne s’agit pas non plus de combats de ruelles. » TKO organise un événement au Centre Bell tous les trois mois et dispose d’une entente avec le réseau de télévision RDS, qui présente une émission hebdomadaire sur le sujet.
« L’industrie jouit d’une croissance parce qu’ils ont instauré un certain encadrement, et qu’ils nous ont bien présenté leurs athlètes », estime Jean Gosselin, spécialiste en marketing sportif à la firme de relations publiques National. Un champion comme le Québécois Georges St-Pierre contribue fortement à améliorer l’image des combats extrêmes.
« Quand ils parlent, ces athlètes sont souvent aux antipodes de ce qu’on imagine a priori. Georges St-Pierre, c’est un peu le rebelle tranquille. Il s’exprime mieux que biens des athlètes qui œuvrent dans des sports que l’on dit plus civi¬lisés », explique le consultant.
L’essor des combats extrêmes aux États-Unis a démarré grâce à l’émission de télé-réalité The Ultimate Fighter, qui présente le parcours d’aspirants combattants. Cette émission, qui en est à sa septième saison, a permis de rejoindre la clientèle ciblée par l’organisation UFC, soit des hommes âgées de 18 à 45 ans.
Lors de sa finale en juin 2007, elle a attiré 2,6 millions de téléspectateurs. Et ce n’est pas fini. Dana White vient d’acheter son concurrent asiatique, et commence à organiser des galas en Eu¬rope. Comme quoi les principes du marketing s’ap¬¬pli¬quent à peu près n’importe où !
Article publié dans le magazine Commerce.