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Après la grande panique de la semaine dernière, les marchés financiers ont rebondi lundi, apparemment rassérénés par la mobilisation internationale, notamment en Europe. Comme promis dimanche, Paris, Berlin, Rome ou Madrid ont dégainé leurs plans pour débloquer le crédit et empêcher la paralysie économique.
À Washington, l'administration Bush semble prête à leur emboîter le pas.
Au total, la Grande-Bretagne et six pays de la zone euro, la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Autriche, le Portugal, et les Pays-Bas, ainsi que la Grande-Bretagne, ont aligné lundi 1.700 milliards d'euros de garanties bancaires et autres mesures d'urgence.
Ces efforts de l'Europe pour muscler et coordonner sa réponse à la crise ont visiblement satisfait les investisseurs sur les places européennes, qui ont terminé en forte hausse: +11,2% à Paris pour le CAC-40, qui a clôturé 3.531 points (+355,01), +11,4% pour le DAX à Francfort (5.062,45 points; + 518,14). A Londres, le FTSE 100 affichait une hausse de 8,3%, à 4.256,90 points (324,84 points).
A Wall Street, d'où est partie la crise, l'indice Dow Jones suivait la tendance au rebond après huit séances de pertes dévastratrices qui l'ont vu dégringoler de près de 2.400 points. Quelques heures après l'ouverture, il avait déjà gagné près de 600 points.
Après l'effervescence du week-end, des réunions des ministres du G-7 à Washington à celle de l'Eurogroupe à Paris, la réaction des marchés était très attendue. Dans la matinée, les bourses asiatiques avaient déjà repris des couleurs. Après avoir perdu plus de 7% vendredi, l'indice Hang Seng de Hong Kong a regagné 10,24% (1.515,29 points) pour finir à 16.912,16 points. Les bourses australienne et de Singapour ont grimpé de plus de 5%, et les indices sud-coréen et chinois ont pris environ 3,7%. C'était jour férié pour la bourse japonaise.
Au lendemain des déclarations de principe de l'Eurogroupe, les chiffres sont tombés lundi dans plusieurs capitales de la zone euro, qui se sont dit prêtes à garantir les prêts interbancaires et recapitaliser les banques en difficulté.
L'Etat français s'est déclaré disposé à apporter sa garantie dans la limite de 360 milliards d'euros au système bancaire. L'Allemagne est montée jusqu'à 500 milliards, dont 400 de garanties pour les prêts interbancaires, les Pays-Bas ont annoncé 200 milliards, l'Espagne 100. Seule l'Italie n'a pas voulu chiffrer précisément ses mesures ni communiquer de plafond.
Cette action concertée est inspirée des mesures prises la semaine dernière par la Grande-Bretagne de Gordon Brown, qui a encore annoncé lundi l'injection de jusqu'à 37 milliards de livres sterling (46,5 milliards d'euros) dans trois des plus grosses banques du pays. L'idée consiste à relancer les prêts entre des banques méfiantes, pour dégeler le crédit aux entreprises et les crédits immobiliers, et éviter ainsi une contagion de la crise financière à l'économie dite réelle.
Le total des montants annoncés en Europe dépasse de loin des 700 milliards de dollars (500 milliards d'euros) du plan Paulson adopté le 3 octobre par les Etats-Unis. Ce plan vise à l'origine à racheter les actifs toxiques des banques, liés à la crise des subprimes (crédits hypothécaires à haut risque), mais le gouvernement semble désormais aussi s'orienter vers la recapitalisation des banques et la garantie des prêts interbancaires.
Autre signe de concertation internationale propre à rassurer les marchés après une semaine noire, quatre grandes banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) ont dévoilé lundi de nouvelles mesures pour desserrer le marché du crédit et pourvoir aux besoins de liquidités des banques.
A Washington, l'administration Bush a convoqué lundi les responsables des grandes firmes financières pour une réunion de travail destinée à fixer les détails de la mise en oeuvre du plan Paulson. Selon George W. Bush, qui recevait le président du Conseil italien Silvio Berlusconi à Washington, le plan aidera aussi les banques à avoir accès au capital et permettra de dégeler les marchés du crédit.
Dans son projet de discours, le président des Etats-Unis a salué les "actions audacieuses" et précises des Européens. "Les Etats-Unis agissent également et nous continuerons de mettre en oeuvre des mesures cohérentes avec le plan d'action du G-7 pour aider les banques à avoir accès au capital,
à renforcer le système financier, dégeler les marchés du crédit et restaurer la confiance dans notre système financier".
Selon Silvio Berlusconi, George W. Bush compte rencontrer les dirigeants du G-8 dans les prochaines semaines, même si sa porte-parole Dana Perino a déjà précisé que la priorité était pour l'heure aux plans d'actions dans chaque pays.