Accueil >> Industries >> Services financiers >> Détail d'article
Jérôme Kerviel (au centre), 31 ans, est soupçonné d'avoir mené la plus grande fraude financière de l'Histoire. Photo : Bloomberg.
Jérôme Kerviel, le courtier accusé d'avoir fraudé la banque française Société générale à hauteur de 7 milliards de dollars, s'est présenté au Palais de Justice de Paris, pour être confronté à l'un de ses anciens supérieur, Christophe Mianné.
Jérôme Kerviel, n'a pas souhaité faire de commentaires avant d'entrer dans le bureau de la juge d'instruction Françoise Desset.
Quatre de ses cinq avocats étaient à ses côtés, Mes Bernard Benaïem, Caroline Wassermann, Guillaume Selnet et Francis Tissot. "Jérôme Kerviel ne veut pas être le bouc émissaire d'une affaire qui le dépasse", a-t-on affirmé dans son entourage.
Christophe Mianné, à l'époque le directeur du département dérivés-actions de la Société générale, et ses avocats ont également gardé le silence. De sources proches de la Société générale, on s'étonnait cependant mercredi de la nouvelle stratégie de défense du jeune trader "qui se dit innocent", mais "exprime son envie d'avoir la procédure dure".
Dans un entretien publié mercredi par Le Figaro, Me Benaïem avertit en outre qu'il souhaite retarder la clôture de l'instruction, évoquée à un moment par les juges d'instruction Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset.
"Ce qui paraît intéressant dans ce type de dossier, c'est de déterminer si Jérôme Kerviel n'a pas bénéficié de complicité par fourniture de moyens ou par fourniture d'instructions de la part de sa hiérarchie", selon l'avocat. "Si tel était le cas, la mise en examen de certaines personnes de la hiérarchie de Jérôme Kerviel serait bien évidemment inévitable".
Jérôme Kerviel a été mis en examen le 28 janvier pour "faux et usage de faux", "abus de confiance" et "intrusion dans un système de données informatiques".
Fin mai, des rapports internes ont mis en cause la hiérarchie de Jérôme Kerviel et le dispositif de contrôle de la banque française. "La fraude a été facilitée ou sa détection retardée par les faiblesses de la supervision du trader et du dispositif de contrôle des activités de marché", était-il écrit dans le rapport du comité spécial constitué par le conseil d'administration de la Société générale.