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Des investisseurs canadiens nerveux


Tendance déjà observée en 2001. Photo: Bloomberg

La récente volatilité élevée du marché boursier amènerait les investisseurs canadiens à retarder leurs placements.

Un réflexe qui avait aussi été observé lors des hautes périodes de volatilité de 1987 et 2001, selon un rapport de surveillance des habitudes des consommateurs effectué par Marchés mondiaux CIBC.

Ces investisseurs conserveraient des liquidités de plus de 45 milliards en attentant que la volatilité du marché ne s’estompe. Des milliards qui seraient investis sur les marchés boursiers en temps normal, soutient le communiqué émis par CIBC.

«Malgré la remontée récente du marché boursier, les Canadiens conservent toujours des liquidités élevées, lesquelles, en termes réels, dépassent de 15% le niveau élevé enregistré en 2001», affirme Benjamin Tal, économiste principal et auteur du rapport.

Le rapport souligne que l'indice de volatilité implicite de la Bourse de Toronto, qui évalue la nervosité des investisseurs canadiens, «a fait un bon incroyable de 80% au cours de la dernière année», se retrouvant à un niveau non atteint en plus de cinq ans.

Sur une période de trois mois, les ventes nettes de fonds communs d'actions se situeraient maintenant dans les valeurs négatives, «ce qui constitue les pires conditions qui soient», soutient M. Tal. Les liquidités détenues par les ménages canadiens augmenteraient maintenant au taux de 15% par année, soit au rythme le plus élevé en plus de six ans.

«Les types de fonds les plus populaires sont les fonds communs du marché monétaire», constate le rapport. Lors des six derniers mois, les ventes nettes cumulatives de ce type de fonds auraient augmenté huit fois plus que lors de la même période l'an dernier.

Les Canadiens seraient aussi plus nombreux à placer leurs fonds dans leurs comptes de chèques et d'épargne. Les soldes dans ces comptes progresseraient actuellement de plus de 7% par année. Par ailleurs, le rapport estime à 15% la hausse annuelle des fonds investis dans les comptes de courtage.

Réflexe récurrent

L’économiste rappel que «la correction ayant suivie la débâcle d’octobre 1987 du marché boursier avait duré deux mois, mais que les investisseurs ont attendu jusqu’à 16 mois avant d’y réinvestir les liquidités retirées».

Cette tendance aurait également été observée en 2001, selon l’économiste, qui croit que ce phénomène se manifestera encore en 2008. «Si l'on compare la situation de 2001 à celle d'aujourd'hui, on remarque que l'histoire se répète».

Une décision des investisseurs qui «pourrait se traduire pour eux par la perte de milliards de dollars en possibilités de placement manquées», soutient-il.

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