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Les grandes banques d'affaires américaines ont vu leurs cours chuter à l'ouverture de Wall Street, lundi. Photo : Bloomberg.
Hier seulement, en 2007, la banque d’investissement Bear Stearns était qualifiée de banque «la plus admirable» par le magazine américain Fortune. Aujourd’hui, sa rivale JP Morgan lui a mis la main dessus en ne déboursant que 2 dollars américains par action, soit un montant total évalué à 236 millions de dollars américains!
Un montant véritablement dérisoire, quand on sait que rien que la valeur de son siège social à New York, établi sur Madison Avenue, est évaluée à 1,2 milliard de dollars américains.
Une chute dramatique
L'action de Bear Stearns avait fini la semaine à 30 dollars américains, si bien que sa valeur boursière s'élevait alors à 3,54 milliards de dollars américains. Il y a un an, elle avait atteint 170 dollars américains.
Bear Stearns a été fondée il y a 85 ans par Joseph Bear, Robert Stearns et Harold Mayer. Elle s’est spécialisée dans les marchés de capitaux (80% de son activité), la gestion de patrimoine (10%) et les services de compensation (10%).
En 2007, elle a été très durement frappée par la crise amércaine des prêts immobiliers à risque, couramment dénommée crise du subprime. En effet, Bear Stearns, la cinquième banque d’investissment américaine, s’est rapidement trouvée menacée de faillite, et les têtes des hauts dirigeants ont été coupées les unes après les autres.
Dernier en date, le pdg James E. Cayne, qui a dû démissionner de son poste en janvier après 14 années à la banque d’investissement américaine. En août, Warren J. Spector avait dû abandonner son poste de coprésident, après 24 années passées au sein de Bear Stearns.
Après Bear Stearns, Lehman Brother ?
Bear Stearn a avancé à lundi la publication de ses résultats pour le premier trimestre.
Ses chiffres tomberont la veille de ceux de Goldman Sachs et de Lehman Brothers, et deux jours avant ceux de Morgan Stanley, des banques également victimes, à des degrés divers, de l'effondrement des produits adossés aux emprunts hypothécaires à risques.
D’ores et déjà, les milieux financiers américains se demandent si, par effet domino, la prochaine grande banque à tomber ne serait pas Lehman Brothers. Cette dernière a annoncé vendredi avoir bouclé une facilité de crédit d’un montant total de 2 milliards de dollars américains. Un quarantaine de banques ont participé à cet appel à financement.
Mais cela n’a pas suffi pour rassurer les marchés : le titre de Lehman Brothers a perdu près de 15% à Wall Street dans la foulée de l’annonce… On verra donc plus clair à son sujet demain, mardi.
Cela étant, toutes les valeurs financières ont plongé lundi matin à Wall Street.
Une quinzaine de minutes après l'ouverture, le cours de Bear Stearns dévissait de 88%, à 3,69 dollars américains, dans les premiers échanges.
De plus, Lehman Brothers cédait quelque 21%, à 31 dollars américains, après avoir perdu plus de 30% en ouverture ; Goldman Sachs reculait de 8%, à 143,85 dollars américains ; et Merrill Lynch perdait 9%, à 39,51 dollars américains.