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La retraite à 65 ans, c'est fini

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La pénurie de main d’œuvre qui guette le Canada d’ici quelques années marquera la fin de la retraite à 65 ans.

C’est du moins l’avis de l’économiste en chef de BMO Marchés des capitaux, Sherry Cooper, qui vient de lancer un livre sur le sujet intitulé The New Retirement. Dans ce livre, elle expose un portrait alarmant du vieillissement de la main-d’œuvre canadienne.

Votre livre s’intitule The New Retirement. Est-ce que cela signifie que la retraite à 65 ans sera bientôt chose du passé?

Oui. Cela ne veut pas dire que les gens continueront de travailler au même rythme pour le reste de leur existence après avoir atteint l’âge de 65 ans. Toutefois, avec la pénurie de main-d’œuvre, ceux qui voudront continuer de travailler avec un horaire plus flexible auront toute la latitude pour le faire.

Par exemple, les employés du secteur public, qui bénéficient de bonnes conditions de retraite, vont probablement laisser leur emploi sans pour autant quitter le marché du travail. Ils pourront ensuite devenir consultants ou continuer de travailler dans leur domaine. Dans le secteur privé, les travailleurs pourront conserver leur emploi plus longtemps, à temps complet ou à temps partiel.

Est-ce que la pénurie de main-d’œuvre est la seule explication à ce changement de cap?
La croissance de la population active est en chute libre au Canada. Les baby-boomers représentent 32% de la population et 46% de la population active. Durant le baby-boom, le Canada avait un taux de natalité de 3,9 enfants par femme. Ce taux est actuellement de 1,5 enfant par femme, ce qui n’est pas suffisant pour assurer une relève.

De plus, avec le prolongement de l’espérance de vie, les gens en bonne santé âgés de 60 ans peuvent espérer vivre au minimum entre 20 et 30 ans de plus. On ne peut pas rester à ne rien faire pendant toutes ces années. C’est même très sain de continuer de travailler.

Quelle sera la prochaine étape, la retraite à 70 ou à 75 ans?

Il n’y aura pas de modèle préconçu. Ce sera aux gens de décider quand le moment sera venu pour eux de se retirer du marché du travail. Ce sera aussi à eux de décider à quel rythme ils se retireront du marché du travail.

J’ai réalisé une entrevue avec l’ancien président de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan il y a quelques temps. Il a lu mon livre et m’a dit: «Me retirer, pourquoi?» À 81 ans, il aime toujours ce qu’il fait, les gens ont envie d’entendre ce qu’il a à dire et son livre est un best-seller. Pourquoi arrêter? Il deviendrait sûrement malade prématurément s’il prenait sa retraite. Ce serait très déprimant pour lui.

Nous sommes actuellement en pleine période des REER et c’est le moment de l’année où de nombreux investissements sont effectués. Est-ce que vous croyez que la saison des REER 2008 sera bonne?

L’année 2008 sera pleine de défis, comme nous l’avons vu durant les six premières semaines de l’année. Nous assistons à un ralentissement considérable de l’économie américaine qui atteindra fort probablement le stade de récession. De son côté, le Canada réussira à éviter la récession mais subira des dommages collatéraux du ralentissement américain qui viendront réduire son rythme de croissance.

Malgré tout, le moment est bon pour investir dans un REER car il s’agit d’investissements à long terme. Avec les corrections boursières des derniers mois, il y a beaucoup d’aubaines sur les marchés en ce moment. En particulier des titres vedette qui offrent de bons dividendes convertibles en actions.

Est-ce que tous les citoyens qui n’investissent pas chaque année dans leur REER se placent dans une situation précaire en vu de leur retraite?

Non. Environ 50% des ménages canadiens ont un revenu brut total annuel de 70 000$ ou moins provenant typiquement de deux salariés. Pour ces familles, le régime des rentes du Québec et les autres programmes gouvernementaux fédéraux et provinciaux arriveront à remplacer 60% de leur revenu d’avant la retraite. Ce pourcentage sera plus élevé à mesure que le revenu annuel sera en baisse. Cela signifie donc que 50% des ménages canadiens pourront conserver sensiblement le même rythme de vie après leur retraite sans contribuer au maximum à leur REER chaque année.

Toutefois, pour les gens plus fortunés. La contribution à un REER devient essentielle au maintien de leur rythme de vie.

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