Accueil >> Industries >> Services financiers >> Détail d'article
Richard Nesbitt: «Luc Bertrand n'est pas le seul à trouver que j'ai un caractère difficile». Source: Bloomberg photos
Quand avez vous commencé à discuter? La question irrite. «Il faudrait que je consulte mon agenda», tente Luc Bertrand, le président de la Bourse de Montréal. «Pour être honnête, en 1998», lâche Richard Nesbitt, le président de la Bourse de Toronto.
Cette question ramène les deux protagonistes de cette fusion sur le terrain du conflit de personnalités. Ils n’aiment pas cela. Luc Bertrand n’hésite pas à parler de «fabrication des médias». Richard Nesbitt ironise : «ils y sont nombreux à me trouver un caractère difficile. Luc Bertrand ne sera qu’un de plus»
N’empêche que, s’ils ont trouvé un terrain d’entente, c’est qu’ils «partageaient la même vision de l’avenir des marchés boursiers canadiens», dira Luc Bertrand. Une vision qui a vu le jour quand, le 26 mars 2006, la Australian Stock Exchange annonce sa fusion avec la bourse des dérivés de Sydney. Luc Bertrand rappelle que cet évènement aura marqué un tournant dans sa réflexion stratégique. Il comprend alors que «le statu quo n’est plus une option».
Il faudra attendre la rencontre de la Fédération Mondiale des Bourses de Valeur au Brésil en octobre 2006 pour que les deux présidents des bourses canadiennes trouvent du temps à l’écart des regards inquisiteurs pour discuter tranquillement.
Toronto se braque
Mais ces discussions n’aboutissent pas. Toronto boude, laissant Montréal perplexe. Il aura fallu que les politiciens s’en mêlent. En septembre dernier, le ministre des finances fédéral Jim Flaherty invite publiquement les deux bourses à trouver un terrain d’entente. Son intervention se sera, selon les dires de Richard Nesbitt, limitée à ses déclarations publiques. «Quand une personne qui joue un rôle de cette importance vous encourage de discuter, c’est probablement ce qu’il faut que vous fassiez», admet Richard Nesbitt.
Du côté de Québec, on déclare publiquement ses intentions. Oui, à la fusion à condition que les activités de dérivés restent à Montréal. Les négociateurs sont avertis.
Entretemps, tant Richard Nesbitt que Luc Bertrand brouillent les pistes. Chacun y va de sa déclaration pour affirmer qu’il peut très bien se débrouiller tout seul.
Les deux présidents des bourses se retrouvent pourtant. Toujours à la réunion annuelle de la Fédération des Bourses de Valeur qui se réunit cette fois à Shanghai en octobre 2007. Ce qui leur donnera l’opportunité de remettre sur le tapis chaque petit détail technique de la fusion. Les choses s’accélèrent durant les deux dernières semaines.
«Nous étions arrivés à un point où nos visions se rejoignaient», expliquera Luc Bertrand.