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Les règles du jeu des réseaux sociaux sur Internet

  • Didier Bert
  • 18 septembre 2008

Comment profiter de l'énorme potentiel de ce nouveau type de réseautage, sans être envahi ni dépouillé.

Plus d'un demi-milliard ! C'est le nombre de personnes qui ont visité les sites de réseaux sociaux au cours du seul mois de juin; 580 millions, pour être précis.

Les communautés virtuelles se hissent du coup parmi les principaux acteurs d'Internet, indique la firme de recherche comScore. L'Amérique du Nord comptait en juin plus de 49 millions de membres de ces réseaux qui n'existaient même pas au début de ce siècle.

Ces membres, dont le taux de croissance mensuelle est à deux chiffres, cherchent à entretenir des relations amicales, à réaliser leurs ambitions professionnelles ou agissent par pur plaisir.

Et la quantité d'informations qu'ils font circuler donne le vertige. Que ce soit sur Facebook, MySpace ou LinkedIn, il est désormais possible de savoir bien des choses sur bien des gens.

Devant cette puissance inédite, l'internaute doit connaître les règles pour atteindre son objectif : profiter de l'extraordinaire potentiel de ce nouveau type de réseautage, sans être envahi ni dépouillé d'informations sensibles.

Des recommandations personnelles

Dans les réseaux sociaux professionnels, le recrutement des membres repose sur les occasions de faire des affaires. Le site américain LinkedIn revendique plus de 26 millions de membres, avec un nombre de visites en hausse de 146 % en un an, selon la firme d'études Nielsen. L'allemand Xing et le français Viadeo affichent respectivement 6 et 2 millions d'utilisateurs.

Sur LinkedIn, les gens d'affaires se recommandent les uns aux autres. Comme dans la vraie vie. Un membre qui compte quelques dizaines d'amis sur LinkedIn possède en fait un carnet de contacts de plusieurs milliers d'amis de ses amis... dont il peut aussi joindre les amis ! Il peut alors se faire recommander et entrer en relation avec ces professionnels. En effet, plus que sur Facebook ou MySpace, la recommandation est le mode de mise en contact privilégié.

Les occasions sont nombreuses : un recruteur peut cibler les membres qui ont travaillé dans telle ou telle entreprise, fournisseurs et clients recommandés par un tiers peuvent apprendre à se connaître, etc.

Pour Olivier Boichis, président de PMGS pour l'Amérique du Nord, LinkedIn est un véritable outil de travail. Cette entreprise de conseil et de formation en gestion de projet fait appel à un réseau de consultants. LinkedIn lui permet d'étoffer ce réseau. " Je devais donner une formation au Brésil, mais je ne connaissais personne là-bas. En tapant quelques mots clés, j'ai trouvé une personne accréditée sur place, elle-même connue des membres de mon réseau sur LinkedIn ", raconte M. Boichis.

Aussi, l'entreprise a pu répondre à un appel d'offres qui lui a été indiqué par un contact de M. Boichis. " Sans cet outil, je n'en aurais pas eu connaissance ", souligne-t-il.

Quand l'occasion d'affaires ne vient pas de LinkedIn, le site reste un moyen de mieux connaître son marché. " Quand nous prospectons auprès d'une entreprise, nous faisons une recherche sur le personnel qui y travaille ", indique Olivier Boichis. La prise de contact a lieu sur LinkedIn, avant de fixer une rencontre en personne.

Contrairement aux sites grand public, comme Facebook, qui regorgent d'applications divertissantes, les sollicitations restent peu nombreuses sur LinkedIn. L'utilisateur doit donc prendre l'initiative, ce qui est plus commode depuis le lancement, début septembre, de forums de discussion interactifs, d'un moteur de recherche avancé et d'un répertoire de groupes, facilitant la recherche de professionnels et de groupes d'intérêts similaires.

" Même si on reste passif, on jette quand même un coup d'oeil chaque semaine sur le récapitulatif qu'envoie LinkedIn, observe M. Boichis. Cela oblige à prendre soin de son réseau. Quand la situation d'un contact évolue, cela peut être une nouvelle occasion de faire des affaires. "

Mais avant de se lancer à l'abordage des sites de réseaux sociaux, on peut se poser plusieurs questions. Voici les réponses aux huit interrogations les plus courantes.

1 Pourquoi participer à un réseau social ?

Être ou ne pas être membre d'un réseau social ? À chacun de trouver sa propre réponse. Mais en faire partie doit correspondre à un objectif, qu'il soit privé ou professionnel. Les contacts professionnels se font sur LinkedIn, Viadeo ou Xing, les relations amicales s'entretiennent sur Facebook, Friendster et autres Hi5, tandis que les artistes préfèrent MySpace ou YouTube pour se faire repérer des producteurs.

2 Comment ça fonctionne ?

Les sites de réseaux sociaux sont fondés sur un mode de diffusion virale : on y crée son réseau par contagion. Un membre y retrouve les personnes qu'il connaît dans la vie réelle, mais le site lui permet de voir le réseau social de ces personnes. Il peut alors proposer à ces nouveaux contacts de se joindre à son propre réseau. Des groupes d'intérêts peuvent être créés, des partisans du Canadien aux diplômés d'une université en passant par... les ennemis des bananes.

Dans ces réseaux, un membre est informé en temps réel des activités de ses amis. Certains restent discrets, alors que d'autres en dévoilent beaucoup, racontant leurs vacances ou encore la signature d'un contrat.

3 Mes informations restent-elles confidentielles ?

La plupart des sites ont renforcé leurs règles de confidentialité. Vous pouvez paramétrer l'accès à vos informations, selon que vous voulez les diffuser au grand jour ou les cacher; vous pouvez aussi spécifier quels membres pourront consulter vos données, et préciser si les moteurs de recherche peuvent accéder à votre profil.

Après avoir essuyé des critiques, Facebook a ainsi permis à ses membres de personnaliser le degré de confidentialité de leurs informations selon le statut des visiteurs.

En restreignant l'accès à son profil, le membre peut se sentir davantage protégé, mais il perd l'un des principaux intérêts du réseau social sur le Web : le réseautage viral auprès de personnes qu'il ne connaît pas encore. Votre paramétrage doit donc dépendre de votre objectif : vous faire connaître de tous ou entretenir des relations privilégiées.

4 Ces réseaux sont-ils sécuritaires ?

Le développement partagé d'applications qui contribue à la réussite de Facebook ouvre aussi la porte à des voleurs d'identité qui utilisent les applications de Facebook pour faire circuler des virus.

5 Faut-il visiter fréquemment son réseau social virtuel ?

Le membre d'un réseau social doit rester à l'affût de ce qui s'y passe pour en tirer profit. Chaque semaine apporte de nouvelles applications sur Facebook, de nouveaux chefs-d'oeuvre sur MySpace et de nouveaux clients sur LinkedIn.

Dans un réseau social, n'importe qui peut diffuser des informations sur vous. Être membre d'une communauté virtuelle nécessite donc une veille régulière afin de signaler les abus dont vous seriez victime.

6 Comment éviter l'invasion ?

Lorsque vous avez des dizaines ou des centaines de contacts dans le réseau et que chacun envoie un courriel au groupe au moindre événement qui le concerne, votre boîte de réception peut alors rapidement être envahie. Il est possible de configurer l'envoi d'alertes sur votre boîte de réception, afin de ne pas être inondé par les message superflus.

Avant de publier un message, rappelez-vous qu'il sera diffusé à l'ensemble des membre du groupe. À moins de créer des listes d'amis pour segmenter vos innombrables contacts en différents sous-groupes.

7 Peut-on quitter un réseau social ?

Bill Gates a quitté Facebook parce qu'il recevait tous les jours 8 000 demandes de membres désirant devenir son ami. Les sites de réseaux sociaux permettent de supprimer son compte. Mais certains sites, comme Facebook, n'autorisent dans un premier temps que la désactivation du compte. Les informations peuvent rester stockées pendant plusieurs mois avant d'être définitivement supprimées.

8 Ces réseaux représentent-ils l'avenir ?

" Les applications des réseaux sociaux vont inspirer les futures technologies de l'information utilisées dans le monde des affaires ", a indiqué David Cearley, associé chez Gartner, en mai, au cours d'une conférence à Melbourne, en Australie. " Les organisations pourront alors améliorer la collaboration entre employés et renforcer la prise en charge des informations venant des clients. "

Pour les entreprises, " la marque est désormais définie par le nombre de conversations qui portent sur elle ", affirme Walter Schwabe, fondateur de Fusedlogic, une entreprise d'Edmonton spécialisée en stratégie des médias sociaux. " Par extension, cela inclut les conversations tenues en ligne à propos d'une marque. "

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