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Employés heureux, entreprise prospère

Tous les dirigeants d'entreprise diront que le capital le plus important, c'est le capital humain.

Or, ce n'est pas ce que pensent les employés, loin de là. Selon les données canadiennes du dernier sondage mondial de Towers Perrin sur la main-d'oeuvre, seulement 6 % des employés ont le sentiment d'être importants pour la haute direction de leur entreprise.

Ce très faible pourcentage ne se retrouve pas dans les points saillants de l'étude, rendus publics à la mi-décembre par les représentants de Towers Perrin à Montréal. Mais il a été divulgué par Nicolas Crook, un associé torontois de la firme d'experts-conseils.

" On remarque un écart entre le discours des hauts dirigeants et ce que pensent les employés ", a-t-il déclaré lors d'une présentation faite devant des chercheurs et dirigeants d'entreprises tenue à l'Université de Waterloo.

L'étude 2007 de Towers Perrin, qui est bisannuelle, jette un nouvel éclairage sur le rôle que peut jouer la haute direction pour mobiliser ses employés. " Alors qu'on a toujours cru que les supérieurs immédiats jouaient le rôle le plus important dans l'engagement des employés, ce sondage démontre que c'est l'organisation qui a une influence prépondérante ", indique Jean-Rémi Mayrand, de Towers Perrin à Montréal.

En fait, ce que le sondage démontre, c'est que parmi les 10 facteurs d'engagement les plus importants pour les employés, 7 relèvent directement de la haute direction.

Le facteur numéro un, tant à l'échelle mondiale qu'à celle du Canada, est que "la haute direction se soucie du bien-être de ses employés ". Au Canada, le deuxième facteur en importance est " la réputation de l'entreprise en termes de responsabilité sociale ".

Un lien étroit

Selon la définition de Towers Perrin, l'engagement consiste à " croire aux objectifs de l'entreprise, croire que l'entreprise vous incite à faire de votre mieux et être prêt à faire tous les efforts nécessaires, quitte à aller au-delà de ce qui est exigé, pour que l'entreprise réussisse ".

L'étude démontre l'existence d'une forte corrélation entre les résultats financiers des entreprises et le niveau d'engagement de leurs employés. Les données utilisées proviennent d'une étude réalisée auprès de 40 multinationales par l'entreprise de recherche ISR, basée à Chicago, que Towers Perrin a acquise l'an dernier.

Selon ces chiffres, les sociétés où l'engagement moyen était classé " élevé " ont affiché une hausse de 3,7 % de leur marge d'exploitation au cours des trois dernières années et de 2,6 % de leur bénéfice net, tandis que celles où l'engagement était classé " faible " ont connu une baisse de 2 % de leur marge d'exploitation et une baisse de 1,4 % de leur bénéfice net.

Sur une période réduite à 12 mois, la tendance est encore plus nette : une hausse de 13,7 % du bénéfice net pour les entreprises dont les employés sont fortement engagés et une baisse de 3,8 % du bénéfice net pour celles où les employés sont faiblement engagés.

Mais corrélation ne veut pas dire lien de cause à effet. Il est possible qu'un faible engagement au sein d'une entreprise soit la conséquence d'une mauvaise performance financière, et non l'inverse.

" C'est l'oeuf ou la poule, concède Jean-Rémi Mayrand. Mais la corrélation et notre échantillonnage sont assez forts pour être crédibles. Pour nous, c'est une tendance lourde. "

L'engagement augmente

Bonne nouvelle : au Canada, le niveau moyen d'engagement a augmenté depuis 2005. Il est passé de 17 à 23 %. Mais le sondage 2007 montre qu'il y a toujours plus de gens désengagés (7 %) et désenchantés (25 %) que d'employés engagés.

Ce que les entreprises doivent faire, estime M. Mayrand, c'est travailler davantage sur ces derniers employés qui se disent " enrôlés ". Au Canada, ils représentent 44 % des employés. Ils ne sont pas tout à fait engagés, mais ne sont pas non plus désenchantés ou désengagés.

Une des pratiques à améliorer touche la rémunération de la performance. Seulement 23 % des employés disent que leur organisation récompense les employés performants en les payant plus que les autres.

" Notre sondage nous indique que les employés sont prêts à s'investir, mais qu'ils ne sentent pas qu'ils obtiendront le juste rendement de cet investissement, explique Jean-Rémi Mayrand. Le risque pour les entreprises, c'est qu'elles perdent les employés qu'elles veulent garder et qu'elles gardent ceux qu'elles voudraient perdre. "

Pour éviter ce problème, " les entreprises doivent comprendre leurs employés aussi bien qu'elles comprennent leurs clients ", poursuit-il.

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