Accueil >> Publications >> Les Affaires >> article journal lesaffaires.com
L'innovation est probablement le mot le plus à la mode en Italie ces jours-ci. Beaucoup plus que Gucci, Armani ou Valentino ! Tous les secteurs d'activité du pays ont décidé de s'unir pour devenir plus compétitifs et pour promouvoir le savoir-faire italien. Il y a un an, une association des districts technologiques, l'ADITE, a même vu le jour.
En fait, cette association est le reflet de l'Italie nouvelle, moderne et tournée vers le monde. Les auteurs de ce concept ont même refait une carte du pays, qu'ils ont subdivisé en 25 districts technologiques. Cette classification permet de bien cibler les secteurs en fonction des régions. Les sociétés étrangères intéressées à s'implanter en Italie peuvent ainsi savoir d'un coup d'oeil que la région de la Toscane est très active dans le secteur des technologies de l'information, que la Lombardie a les infrastructures nécessaires pour les biotechnologies ou, encore, que la Sicile priorise les nanotechnologies.
Le système des districts italiens a d'ailleurs été élaboré pour permettre aux industries nationales et étrangères de communiquer plus rapidement entre elles. Le but de ce grand répertoire des intervenants et des industries est de favoriser la diffusion des connaissances, de nouer des relations et de renforcer les secteurs pour les rendre plus concurrentiels. Chaque district est composé d'universités, de centres de recherche, de grandes sociétés, de PME et d'agences et de services gouvernementaux.
Cap sur les tehnologies de l'information
C'est dans cette optique que l'ADITE a été créée. Elle compte six membres qui sont quasi incontournables pour les entreprises qui cherchent à s'installer en Italie. Parmi eux, on retrouve Torino Wireless, qui fait la promotion des technologies de l'information dans la région de Piedmont, dans le Nord du pays. Son objectif est de faciliter la R-D des technologies de l'information, d'aider aux transferts technologiques et de mieux faire connaître les produits et les services offerts à Turin et dans les environs.
" Nous avons développé diverses activités pour permettre aux petites et moyennes entreprises d'ici d'accélérer leur développement en créant des contacts et en les aidant à avoir accès au capital de risque, fait valoir son président, le professeur Rodolfo Zich. Torino Wireless joue vraiment un rôle de conseiller en les orientant et en mettant en place les conditions nécessaires pour les aider à se démarquer du lot. "
Cette fondation aide les entreprises dans les technologies de l'information à croître plus rapidement. Elle poursuit deux grands objectifs. Le premier, augmenter le volume de la recherche en faisant passer le nombre de projets de 2 000 à 4 000. On vise 6 000 au cours de la prochaine décennie. Le second est de faire en sorte que cette industrie produise 10 % du produit intérieur brut de la région. Pour y arriver, elle vise la création d'une cinquantaine d'entreprises dans la région du Piedmont.
Chercheurs demandés
La plupart des districts technologiques ont des objectifs aussi ambitieux que ceux de Torino Wireless. C'est le cas d'IMAST, situé en Campanie. IMAST s'intéresse à l'ingénierie des matériaux composites et des polymères. Là-bas, les plus grands centres de recherche, dont le CIRA, ont uni leurs forces avec de grandes sociétés comme Alenia, Fincantieri, Mapei et Fiat pour développer des produits à valeur ajoutée.
" Nous voulons que la Campanie devienne une référence dans les matériaux de polymères et les composites. C'est un secteur qui est en pleine croissance et nous ne pouvons pas la négliger ", dit la directrice d'Imast, la Dre Eva Milella. C'est un marché de 61 milliards de dollars, dont le taux de croissance est de 3,2 % et qui devrait atteindre 5 % en 2009.
Pour réussir à répondre à la demande et à se tailler une plus grande place sur la scène internationale, Imast a entrepris d'accroître le nombre de ses partenaires et de diversifier leur provenance. Le district s'emploie à recruter des chercheurs aux quatre coins du monde pour ses laboratoires de Porto del Granatello a Portici, à une vingtaine de kilomètres à l'est de Naples.
" Nous aimerions bien attirer des chercheurs canadiens, qui ont des façons de faire très différentes des nôtres. C'est en diversifiant nos équipes que nous allons réussir à innover ", mentionne le président d'Imast, le Dr Domenico Martorana. Imast a déjà réussi à attirer de grands industriels grâce à ses équipements à la fine pointe de la technologie et ses chercheurs qualifiés. Un partenariat italo-français a notamment été conclu avec STMicroelectronics et Boeing a décidé d'y mener des recherches.
Partenariats étrangers recherchés
Ailleurs, quatre districts s'activent dans d'autres secteurs en pleine expansion. CMB fait la promotion de la biomédecine moléculaire à Trieste, DHITECH se spécialise dans les hautes technologies à Lecce, SITT est proactive dans les systèmes d'intégration intelligente à Gênes et Veneto Nanotech, comme son nom l'indique, travaille au développement des nanotechnologies.
Dans tous les cas, ces districts cherchent à promouvoir le savoir-faire, à développer les technologies et surtout, à augmenter la compétitivité de leur région respective en y attirant des partenaires étrangers.