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Les liens entre entreprises italiennes et québécoises s'intensifient

  • Mélanie Loisel
  • 22 novembre 2007

Les Italiens vivent au Canada depuis plus d'un siècle maintenant. Les premiers immigrants sont arrivés au cours de la période de 1880 à 1925 et une autre vague, de 1950 à 1960, après la Deuxième Guerre mondiale. Il suffit maintenant de faire un tour dans la Petite Italie, à Montréal, pour constater que les Italos-Québécois ont su s'enraciner et s'intégrer à la communauté.

Des dizaines, sinon des centaines de commerçants exploitent le long du boulevard SaintLaurent et de la rue Jean-Talon, de même qu'à Saint-Léonard, des commerces et des restaurants qui sont quasiment devenus des institutions. Des milliers d'Italiens d'origine et leurs descendants nous font partager leur passion pour le soccer dans les rues de la Petite Italie. La forte présence de la communauté italienne à Montréal a été un facteur favorisant les échanges italo-québécois.

Le gouvernement Charest a d'ailleurs établi une antenne économique à Milan et maintient un Bureau du Québec à Rome afin de faciliter les communications. " C'est important d'avoir une présence constante puisque l'Italie demeure l'un des 10 partenaires économiques du Québec ", souligne Daniela Renosto, chargée d'affaires du bureau du Québec à Rome.

Selon Mme Renosto, il y a eu l'an passé plus de 400 activités organisées par des Québécois en Italie dans 80 villes du pays. La plupart de ces activités ont été des échanges culturels, des conférences universitaires ou des expositions. Les Italiens et les Québécois mènent conjointement une foule de projets en matière d'art, de design, d'architecture et d'arts de la scène.

Entreprises québécoises en Italie

Une centaine d'entreprises québécoises ont également un pied-à-terre en Italie, que ce soit des usines ou des filiales. Bombardier Transport exploite une usine de fabrication de locomotives à Vado Ligure, dans le Nord du pays. La société québécoise a d'ailleurs obtenu un contrat de 360 millions d'euros en mars pour fabriquer des éléments d'une centaine de locomotives de Trenitalia, la compagnie des chemins de fer italiens.

D'autres entreprises, comme Systèmes & Logiciels Mannarino, de Montréal, envisagent la possibilité de prendre pied de l'autre côté de l'Atlantique. Des représentants de Mannarino ont participé récemment à une mission en Italie organisée par la Chambre de commerce italienne du Canada à Montréal pour tenter de trouver un partenaire.

" Nous avons dans la mire Alenia qui a un surplus de commandes ces temps-ci et qui a besoin d'assistance, dit Sue Dabrowski, consultante en développement des affaires. Nous avons constaté que nos produits peuvent répondre à plusieurs besoins des entreprises italiennes parce qu'elles n'ont pas cette expertise. " Il s'agit de discussions préliminaires.

Le président de la Chambre de commerce italienne au Canada, Albert De Luca, estime que ces premiers contacts sont nécessaires pour permettre aux entreprises de prospérer et de diversifier leur marché. " Le meilleur moyen d'établir des partenariats est de se rendre sur place et de déterminer des entreprises potentielles ", soutient-il. C'est pour cette raison que la Chambre invite quelques fois par année des entreprises italiennes à venir au Québec. Nos technologies et nos connaissances sont souvent très différentes de celles des Italiens.

Investissements

C'est aussi vrai pour le capital de risque. " L'Italie a beaucoup à apprendre de nous en ce qui concerne le capital de risque, quasi inexistant là-bas ", indique Louis Roquet, président et chef de l'exploitation de Desjardins Capital de risque. Les Italiens veulent développer des secteurs de haute technologie comme les biotechnologies et les technologies de l'information, mais ils n'ont pas toujours les moyens de faire les investissements nécessaires.

Ils sont encore frileux. L'Italie doit encore ouvrir son marché si elle veut attirer des entreprises étrangères. " Il y a trop d'intermédiaires en Italie lorsque vient le temps de négocier une entente. Ce système de hiérarchie ralentit l'intégration des entreprises ", dit M. Roquet, qui est membre de la Chambre de commerce italienne au Canada et parle l'italien.

Les Québécois et les Italiens parviennent tout de même à bien marier les deux cultures. Plus de 25 entreprises italiennes ont des filiales au Québec. C'est le cas de Mecaer Spa, dont la filiale lavalloise, créée en 1995, fabrique des trains d'atterrissage pour les hélicoptères et les petits avions.

La majorité de ses produits sont vendus en Italie, mais son principal marché visé est l'Amérique du Nord. Un de ses gros clients est Eclipse Aviation, qui assemble au NouveauMexique un avion destiné au marché du taxi aérien. Cet avion utilise les petits moteurs de la série PW600 fabriqués à Longueuil par Pratt & Whitney.

" L'avantage d'être au Québec, c'est qu'il n'y a que six heures de décalage horaire avec l'Italie, contrairement à neuf heures si nous nous étions installés à Seattle, dit le directeur du marketing de Mecaer America, Roberto Tonna. C'est plus facile pour l'Italie de faire des affaires à partir d'ici d'où nous pouvons communiquer facilement autant avec l'Europe qu'avec les États-Unis. "

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