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Les fiducies doivent préciser leurs intentions

À l'approche de l'entrée en vigueur du régime fédéral d'imposition des fiducies, en janvier 2011, ces dernières ne disposent plus que de trois ans pour décider de leur sort.

D'un côté, les investisseurs disposent de peu d'outils pour entrevoir le sort de leur placement. De l'autre, le processus de réflexion des dirigeants est semé d'embûches.

À titre d'exemple, dans sa récente mise à jour économique, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a annoncé une réduction des taux d'imposition des sociétés.Cette annonce vient brouiller les cartes, car le taux d'imposition potentiel des fiducies en 2011 passe de 31,5 à 29,5 %. L'année suivante, il se situera à 28 %, plutôt qu'à 31,5 % comme prévu initialement.

Long délai de conversion

Même si l'échéancier peut sembler suffisant, les dirigeants sont confrontés à un dilemme puisque les délais de conversion se prolongent, dit RBC Marchés des capitaux.

Lors d'une conférence de Scotia Capitaux, en novembre, les dirigeants d'Armtec Infrastructure Income, Mullen Group Income et BFI Canada Income ont conclu que les règles fédérales mèneront inévitablement à la conversion des fiducies d'affaires en sociétés.

Selon les trois dirigeants, l'adoption d'un plafond de croissance équivalant à 100 % de la taille de la fiducie en octobre 2006 constitue un frein à la mise en place d'une stratégie de développement.

" Le taux de croissance des distributions ralentira puisque les fiducies se prépareront à la mise en vigueur du régime d'imposition ", dit Navdeep Malik, de Scotia Capitaux.

La faiblesse prolongée du cours des parts poussera également un certain nombre de fiducies à plier bagage en vendant leurs activités, selon Scotia Capitaux et RBC Marchés des capitaux.

Une année charnière

L'année 2008 pourrait marquer un point tournant dans ce secteur, selon les analystes.

À ce jour, plus d'une quarantaine de fiducies ont cédé leurs activités ou fermé leur capital. Une dizaine d'autres ont fait annoncé leur intention de le faire.

Le repli automnal des indices et le resserrement du crédit ont cependant réduit le rythme des transactions.

Une prime de 23 % en moyenne

Certains indices permettent parfois au détenteur de parts de tirer son épingle du jeu.

Dirk Lever, de RBC, a fait une compilation de la totalité des transactions effectuées depuis l'annonce des intentions du gouvernement Harper.

En 13 mois, les détenteurs de parts ont obtenu une prime moyenne de 23 % lorsque leurs fiducies ont été vendues. En moyenne, la transaction a été effectuée à un multiple de 10,8 fois le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement.

Selon l'analyste, la prime est liée aux atouts de la fiducie. La position de chef de file, la faiblesse des concurrents ou la présence d'obstacles à l'entrée du marché constituent des facteurs non négligeables pour les acquéreurs.

De son côté, Byron Berry, de Valeurs mobilières Dundee, affirme que les fiducies de revenu sont habituellement immunisées contre les fluctuations du huard puisqu'elles effectuent l'essentiel de leurs activités au pays.

M. Berry a aussi élaboré un modèle permettant d'évaluer la probabilité d'une baisse des distributions par les fiducies de revenu. Il constate que cette probabilité augmente lorsque la fiducie verse plus de 100 % de ses fonds autogénérés. La décroissance des revenus est également un signal qui ne trompe pas.

ATS Andlauer (Tor., ATS.UN, 11,50 $), BFI Canada (Tor., BFC.UN, 27,65 $), Davis + Henderson (Tor., DHF.UN, 20,55 $), Teranet (Tor., TF.UN, 10,12 $), TransForce (Tor., TIF.UN, 10,21 $) et Pages Jaunes (Tor., YLO.UN, 13,97 $) figurent parmi les titres privilégiés de RBC, Scotia et Dundee pour 2008.

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