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L'or atteindra 1 000 $ US plus tôt que prévu

De plus en plus de spécialistes croient que le prix de l'once d'or franchira le seuil des 1 000 $ US plus tôt que prévu, peut-être même au début de la prochaine année.

Dans ce contexte, les sociétés aurifères, dont les bénéfices et la valeur boursières augmentent avec le prix de l'or, constituent des placements intéressants. Toutefois, l'imminence d'une correction du marché impose d'attendre que les titres se replient avant d'en acheter.

L'or s'échange autour de 800 $ US l'once, après avoir atteint 841,10 $ US l'once à Londres le 8 novembre. C'est seulement 10 $ US de moins que le sommet historique de 850 $ US atteint en janvier 1980. L'once d'or excède toutefois de 233 $ US son plancher de janvier 2007.

L'or reprend son rôle de valeur refuge

" L'or a repris son rôle d'alternative à la faiblesse du dollar américain et des devises en général. Nul doute qu'il atteindra 1 000 $ US l'once, mais il y aura une correction auparavant parce que le prix a augmenté trop vite ", dit Benoit Brillon, vice-président, actions canadiennes, de Gestion de portefeuille Natcan.

Deux autres facteurs augmentent la probabilité d'une correction prononcée : le fait que les positions d'achat spéculatives atteignent un niveau record au Comex et l'arrivée d'une période saisonnière habituellement défavorable au marché de l'or.

Benoit Gervais, gestionnaire du Fonds mondial de métaux précieux Mackenzie Universal, a été l'un des premiers à inscrire dans ses prévisions le seuil de 1 000 $ US l'once " avant la fin de ce cycle des ressources ".

Il maintient sa prévision. Selon lui, la baisse de la valeur du dollar américain et des autres devises, causée par l'injection massive de liquidités par les banques centrales, explique cette vigueur du prix de l'or.

M. Gervais estime que les banques centrales auront injecté quelque 1 000 milliards de dollars américains dans le système financier mondial pour résoudre la crise de liquidité causée par les problèmes de crédit hypothécaire aux États-Unis.

Stephen Walker, analyste et directeur de la recherche minière chez RBC Marchés des capitaux, est également très optimiste à l'égard du prix de l'or à moyen terme, mais pessimiste à court terme.

Il dresse un parallèle entre la période d'instabilité monétaire actuelle et celle de 1968-1970, qui a précédé l'abandon de l'étalon-or de l'entente de Bretton Woods, et qui a été suivie de la période de forte inflation de 1973 à 1981.

" Une plus forte dévaluation du dollar américain et une hausse du prix de l'or se produiront de facto si le dollar perd sa position de monnaie de référence ", dit M. Walker.

Déception des gestionnaires

Toutefois, les titres de nombreux grands producteurs sont loin d'avoir suivi la hausse du prix de l'or.

Certains, comme Barrick Gold (Tor., ABX, 40,25 $), Mines Agnico-Eagle (Tor., AEM, 48,47 $) et Kinross Gold (Tor., K, 16,82 $), ont franchi leur sommet de 2005-2006. Mais d'autres, comme Goldcorp (Tor., G, 31,51 $), Newmont Canada (Tor., NMC, 48,55 $) et Iamgold (Tor., IMG, 8,70 $), sont encore loin de leur sommet précédent, même si l'or vaut 200 $ US l'once de plus qu'à l'époque.

Les analystes expliquent la situation par la forte remontée des coûts d'exploitation, la difficulté de trouver de nouvelles réserves et, dans plusieurs cas, la baisse du dollar américain.

MM. Brillon et Gervais poitent aussi du doigt les acquisitions qui ont miné la valeur des actions, en raison entre autres d'un effet de dilution. Par exemple, les analystes prévoyaient un bénéfice par action de 1,50 $ US pour Goldcorp en 2007 avant l'acquisition de Glamis. Leurs prévisions sont maintenant de 0,57 $ US.

Leurs recommandations

Il reste que le nombre de titres de grands producteurs canadiens est limité. Les financiers recommandent toujours Goldcorp et Newmont.

M. Gervais reste fidèle à Iamgold, un titre classé " surperformant " par Stephen Walker de RBC, pour lequel il établit une cible de 12 $ US.

Parmi ses plus importantes positions, M. Gervais détient aussi les titres de plus petits producteurs, comme Anatolia Minerals (Tor., ANO, 5,36 $).

Yamana Gold (Tor., YRI, 12,88 $) est un autre petit producteur en croissance qui revient souvent dans les premiers choix des analystes.

M. Walker établit sa cible à 16 $ pour ce titre, à un prix de l'or de long terme de 700 $ US l'once.

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