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Bombardier, SNC-Lavalin, Research In Motion... Voilà autant de titres qui vous inspirent confiance en raison de leur bon rendement en 2007.
Vous devriez cependant vous en méfier, car ces sociétés figurent parmi les 10 titres identifiés par le logiciel québécois d'analyse StockPointer comme étant les plus risqués de la Bourse de Toronto.
Carl Simard, président de StockPointer, a évalué à notre demande le risque d'investissement associé aux titres d'importantes entreprises canadiennes.
Il a basé son analyse sur deux importants facteurs de risque. Le premier a trait à la performance économique. M. Simard a repéré les entreprises dont la performance économique se détériorait.
Le second facteur de risque a trait à l'évaluation des titres. M. Simard a identifié les titres dont la valeur boursière reflétait des attentes exagérées à l'égard des perspectives de ces entreprises.
Research In Motion, un amour qui coûte cher
Research In Motion (RIM) a connu une croissance exceptionnelle depuis cinq ans. Les gens d'affaires sont devenus accros à son appareil BlackBerry et les investisseurs, à son titre.
En cinq ans, le titre de RIM a grimpé de 2 658 %. En un an, il a gagné 121 %. Récemment, la société ontarienne est même devenue pendant quelques heures la plus importante société canadienne sur le plan de la valeur boursière.
L'avenir reste prometteur pour RIM. Par contre, selon StockPointer, le titre commande la prime d'évaluation la plus élevée parmi les principales sociétés canadiennes.
" Les attentes des investisseurs sont démesurées. Elles requièrent que l'entreprise double ses revenus annuels durant les cinq prochaines années en conservant son rendement du capital de 30 % ", soutient M. Simard [le rendement du capital est défini dans l'article ci-contre].
Nova dégage des bénéfices trop faibles
Le producteur de produits chimiques Nova Chemicals, qui oeuvre dans un secteur très cyclique, affiche une piètre performance économique depuis plusieurs années.
Nova ne réussit pas à dégager suffisamment de bénéfices pour combler les attentes des investisseurs.
Étant donné que son coût du capital est supérieur au rendement de ce dernier, elle enregistre une baisse de valeur pour ses actionnaires. " L'entreprise devrait quadrupler son rendement du capital actuel, pour le porter à environ 8 %, de façon à répondre aux attentes des investisseurs ", juge M. Simard.
Le titre a été soutenu dans la dernière année par les investisseurs qui misaient sur la possibilité que Nova soit acquise. Dans un récent rapport, Fai Lee, analyste chez RBC Marchés des capitaux, se disait moins optimiste quant aux chances qu'elle soit acquise à court terme.
Rendement à la baisse pour Magna
Le titre de Magna International, le plus important fabricant canadien de pièces automobiles, a bien résisté aux problèmes de cette industrie.
Pourtant, la performance économique de la société ontarienne s'est détériorée de façon régulière au cours des dernières années. " Les investisseurs ont été patients en dépit d'un rendement du capital qui est passé de 11,3 %, il y a trois ans, à 7,5 %, récemment ", observe M. Simard.
Selon StockPointer, le titre commande une prime de 32 % par rapport à sa valeur intrinsèque. Compte tenu de la situation économique actuelle aux États-Unis, il sera difficile pour Magna d'améliorer sa performance économique à court terme, note M. Simard.
Par contre, Magna dispose de 17 $ d'encaisse par action. Elle a l'intention de puiser dans ses réserves de liquidités pour racheter 9,8 % de ses actions.
Bombardier doit faire encore mieux
Les investisseurs fondent de grands espoirs dans le redressement de Bombardier. Son titre est en hausse de 33 % depuis un an, soit quatre fois plus que l'indice S&P/TSX.
Bien que Bombardier ait amélioré sa rentabilité depuis trois ans, elle fait encore perdre de la valeur à ses actionnaires. En effet, son rendement du capital reste inférieur à son coût de capital.
" Le rendement du capital de Bombardier devra doubler à court terme afin de combler les attentes du marché ", dit M. Simard.
SNC-Lavalin ne répond pas aux attentes
Le boom des investissements dans les infrastructures a fait du Groupe SNC-Lavalin une des coqueluches des investisseurs canadiens des dernières années. En cinq ans, son action a grimpé de 331 %.
Pourtant, selon StockPointer, la performance économique de SNC est nettement inférieure aux attentes des investisseurs. " En cinq ans, SNC n'a jamais réussi à réaliser une performance économique qui corresponde aux risques auxquels sont exposés les actionnaires ", note M. Simard.
SNC-Lavalin n'est pas suffisamment rentable pour couvrir le coût de son capital. Selon StockPointer, elle ne crée pas de valeur pour ses actionnaires. Le titre se négocie donc à prime de 87 % par rapport à sa valeur intrinsèque, calcule StockPointer.
Son rendement du capital était de 4,8 % pour les 12 mois terminés en septembre 2007. Pour répondre aux exigences des actionnaires, il doit atteindre 12 %, estime M. Simard.
Barrick n'a pas profité de la hausse du prix de l'or
L'or s'est récemment approché de son sommet historique de 850 $ US l'once, mais Barrick Gold, le plus important producteur aurifère au monde, n'a pas réussi à en profiter.
Durant la période de 12 mois terminée en septembre 2007, son rendement du capital a atteint 4,3 %, et son coût du capital, 10 %.
Barrick souffre de l'escalade des coûts de production, un phénomène qui touche toute l'industrie aurifère.
Pour créer de la valeur pour ses actionnaires, Barrick Gold doit tripler son rendement du capital, note M. Simard. Selon lui, le cours de Barrick est nettement surévalué par rapport à sa valeur intrinsèque.
Trois titres pétroliers en danger
On retrouve dans la liste des titres risqués trois producteurs de pétrole : Nexen, Canadian Natural Resources et Talisman Energy.
Les titres de ces trois sociétés se négocient à un prix nettement supérieur à leur valeur intrinsèque.
M. Simard estime que Nexen doit améliorer sa performance économique d'au moins 50 % pour justifier sa valeur boursière actuelle.
De son côté, Canadian Natural Resources a favorisé une croissance importante au détriment de sa rentabilité, note M. Simard. En deux ans, le capital investi par Canadian Natural a crû de 90 %. De septembre 2006 à septembre 2007, son rendement du capital est passé de 26,5 à 12,9 %.
Canadian Natural a récemment indiqué que les coûts de son projet de mise en valeur de sables bitumineux Horizon pourraient dépasser de 5 à 12 % son estimation la plus récente de 6,8 milliards de dollars.
Dans un rapport récent, Peter K. Ogden, de la Financière Banque Nationale, écrit que la pétrolière continue de faire preuve de discipline dans l'utilisation de son capital. Par contre, elle est un des exploitants pétroliers traditionnels les plus touchés par la décision de l'Alberta d'augmenter les redevances pétrolières.
Loblaw demeure risquée
Au moment où M. Simard a réalisé son analyse, au début de novembre, Loblaw figurait dans la liste des titres les plus risqués. Les piètres résultats dévoilés par l'épicier le 15 novembre lui ont donné raison.
Le titre a perdu 15 % après que la société eut indiqué que son bénéfice par action avait fléchi de 38 % au troisième trimestre. La direction de Loblaw est incapable de prévoir quand le redressement de ses activités portera fruit.
Comme il n'y a aucune preuve que le virage entrepris par l'épicier fonctionne, le titre reste surévalué aux yeux de M. Simard. À moins, selon ses calculs, que Loblaw réussisse à faire remonter son rendement du capital de 4 à 8 % d'ici 2012, soit le rendement moyen des trois dernières années.