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Inquiet des répercussions d'un dollar trop élevé sur les exportateurs, Québec s'est tourné vers Ottawa pour demander son intervention. Pourtant, il y avait une piste de solution toute québécoise que le gouvernement Charest a décidé de rejeter : profiter de la baisse de la TPS fédérale pour hausser d'autant la taxe de vente provinciale (TVQ).
" Les consommateurs sortent déjà gagnants d'une hausse du dollar et de leur niveau de vie. Ils n'avaient pas besoin d'une baisse de la taxe ", dit Clément Gignac, économiste en chef de la Financière Banque Nationale.
Selon M. Gignac, Québec aurait ainsi pu profiter du milliard de dollars additionnels qu'aurait fourni une telle mesure pour venir en aide au secteur manufacturier, notamment en éliminant la taxe sur le capital ou en offrant des crédits d'impôt à l'investissement. Ce qui aurait permis aux entreprises de faire les investissements nécessaires pour réduire leurs coûts de production et améliorer leur productivité.
Par ailleurs, les gouvernements seraient mal avisés de trop soutenir des secteurs d'activité en déclin. " On devrait se souvenir de l'exemple de GM à Boisbriand. C'est de l'argent gaspillé ", dit l'économiste Maurice Marchon.
D'autant que bon nombre d'entreprises n'ont qu'elles à blâmer. " Des entreprises ont négligé de moderniser leurs équipements. Maintenant que les profits ont chuté, elles sont coincées ", dit François Dupuis, économiste en chef du Mouvement Desjardins.
" Il y a des entreprises qui auraient mieux fait d'investir dans leurs équipements, au lieu de verser des dividendes. Si le gouvernement s'obstine à vouloir sauver des secteurs en perdition, ce sont aussi les contribuables qui vont payer ", estime Clément Gignac.