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La crédibilité du London Metal Exchange est-elle minée ?


Il s'échange en moyenne de 35 à 45 G$ US par jour au LME.

LONDRES - Le couperet a fini par tomber à la fin de septembre. La direction du London Metal Exchange (LME) a sanctionné Sucden (UK), l'un des 12 membres dits de premier niveau, pour avoir cherché à manipuler le cours du nickel. Résultat : une amende de 160 000 $.

L'histoire est peu édifiante. Les 17 et 18 mai dernier, les stocks officiels de nickel du LME étaient passés sous les 4 000 tonnes. Du coup, l'écart entre le prix de la tonne au comptant et celui de trois mois a bondi de 4 000 $ US la tonne (soit 1,80 $ US la livre) en faveur de la livraison immédiate (phénomène connu sous le terme de backwardation, ou déport).

Or, le courtier de Sucden n'a pas divulgué à l'époque qu'il détenait le contrôle effectif de la totalité des warrants (bons permettant la souscription à terme d'un actif sous-jacent) sur le nickel.

Sucden (UK) jouissait pourtant d'une bonne réputation

Sucden (UK) n'est pourtant pas un fonds d'arbitrage connu pour ses pratiques douteuses. Au contraire, cette filiale de Sucres & Denrées (Sucden) bénéficie d'une réputation sans tache à Londres et mise sur une des équipes les plus étoffées du LME, dont elle assure 12 % du volume des échanges.

Sucden compte parmi ses clients Glencore, numéro un mondial du négoce en ressources naturelles, qui détient une participation directe de 35 % dans la suisse Xstrata, numéro trois du nickel depuis l'acquisition en 2006 de la canadienne Falconbridge.

" Dès que nous avons des doutes sur une opération particulière, nous demandons des explications aux principaux intéressés et creusons plus loin, au besoin ", dit Adam Robinson, responsable des relations publiques du LME.

À la merci de deux intervenants majeurs

Ainsi, des rumeurs persistantes de manipulation du prix du nickel couraient à Londres en juin dernier.

On disait que le marché était à la merci de deux intervenants détenteurs de 40 à 70 % du total des positions longues sur le nickel.

Ces deux sociétés auraient agi de concert pour maintenir le marché sous tension, et empocher du même coup des sommes rondelettes.

Des sources anonymes disaient même qu'il s'agissait d'un courtier membre à part entière du LME et d'un producteur de nickel client du premier.

Interrogée, Sucden (UK) a vite reconnu les faits et négocié son amende à la baisse, en présentant le tout comme " une simple erreur administrative ". Le hic pour le LME ? Ce genre de rumeurs de fraude est fréquent.

En 2005, l'Autorité des services financiers de Londres a mené une enquête sur une manipulation de données, qui portait cette fois-ci sur le cours de l'aluminium.

Mais l'enquête n'a jamais abouti, comme plusieurs autres auparavant.

(EN SAVOIR PLUS)

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