Accueil >> Publications >> Les Affaires >> article journal lesaffaires.com
L'industrie solaire offre de bonnes occasions d'investissement, mais il faut encore ne pas payer trop cher et, surtout, savoir sur quoi se fonder pour choisir les leaders de demain.
Le marché est présentement séduit par l'ensemble de l'industrie, mais les experts s'attendent à ce qu'un gouffre se creuse entre les leaders et les autres, ces entreprises qui se révéleront finalement mal positionnées ou surévaluées. Mieux vaut donc faire soigneusement ses devoirs.
" Les choix de modèles d'entreprise que font les sociétés permettent d'identifier les leaders bien avant que l'industrie parvienne à maturité ", dit Steve O'Rourke, analyste chez Deutsche Bank. Une entreprise qui ne fait que produire des panneaux, comme c'est le cas des producteurs de couches minces, doit impérativement avoir le plus bas coût de production.
First Solar (Nasdaq, FSLR, 135,72 $ US) est un exemple de réussite dans ce modèle, selon M. O'Rourke.
D'un autre côté, un fabricant de cellules photovoltaïques (PV), lorsqu'intégré verticalement, peut avoir un coût de production plus élevé si sa technologie permet des économies dans d'autres segments de la chaîne, par exemple lors de l'installation. M. O'Rourke considère SunPower (Nasdaq, SPWR, 89,10 $ US) comme le leader dans ce modèle.
Le produit, quant à lui, doit être unique et présenter un avantage technologique. " Il faut chercher des technologies qui se distinguent, soit par un faible coût, soit par un rendement élevé ", explique Rupert Merer, analyste à la Financière Banque Nationale.
Quant à l'équipe de gestion, elle doit avoir une vision à long terme, tout en sachant réagir à court terme. Michael Carboy, directeur principal chez Signal Hill, évite les dirigeants concentrés sur l'atteinte des résultats trimestriels ou attirés par l'effet tendance.
Rendement financier
Sur le plan du rendement financier, les experts regardent d'abord les ventes. Le taux de croissance des ventes est primordial, car il aide à prévoir qui dominera le marché.
M. O'Rourke croit que la rentabilité sera éclipsée par l'accroissement de la capacité de production et la part de marché comme variable d'évaluation.
La santé financière et l'accès à des capitaux sont essentiels pour survivre à long terme. Les entreprises font toutes de la recherche pour abaisser le coût de production de l'énergie solaire et construisent des usines pour lancer la production à grande échelle, deux activités qui nécessitent beaucoup d'argent.
L'industrie sera vraiment engagée dans la voie de la croissance que lorsque les coûts de production seront comparables à ceux des autres formes d'énergie, prévient M. O'Rourke. Quoique optimiste à long terme, il s'attend à des secousses importantes au cours des cinq à sept prochaines années.
À plus court terme, Jeff Osborne, analyste chez Thomas Weisel Partners, prévoit une bonne fin d'année 2007, mais une baisse en deuxième moitié de 2008, surtout à cause d'un ralentissement des marchés allemands et espagnols. De plus, il craint que les émissions publiques prévues soient trop nombreuses pour la capacité du marché.
S'assurer de ne pas payer trop cher
" Les titres de la plupart des sociétés du secteur s'échangent à des valeurs attrayantes ", dit Pavel Molchanov, analyste chez Raymond James. Le ratio cours-bénéfice, généralement entre 20 et 30, lui semble raisonnable compte tenu du potentiel de croissance.
Le ratio cours-ventes jugé acceptable varie beaucoup : certaines entreprises ne méritent qu'un multiple de 1 à 2 fois les ventes, tandis que d'autres demeurent intéressantes même à 15 fois les ventes, estime Michael Carboy. Tout dépend du positionnement de l'entreprise.
Enfin, l'investisseur doit se méfier d'une appréciation des titres plus rapide que la hausse des revenus ou de la puissance installée, signe qu'une bulle est peut-être en formation.