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Le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe se prépare pour son 12e débat des chefs en promettant d'y reprendre les exigences de Jean Charest. Lundi, le premier ministre du Québec dressait sa liste de réclamations à Ottawa. Il renouvelait, entre autres, sa demande pour un encadrement du pouvoir fédéral de dépenser.
Interrogé à ce sujet lors d'un point de presse à Gatineau mardi matin, le chef bloquiste en a profité pour rappeler que les conservateurs n'ont pas respecté cette promesse qu'ils avaient pourtant faite aux Québécois.
Quant à savoir ce que le Bloc pouvait y faire, M. Duceppe s'est engagé ainsi: "on va mettre toute l'énergie qu'il faut avec ce large consensus québécois allant, non seulement des souverainistes, mais de ceux qui se disent autonomistes à ceux qui sont fédéralistes comme M. Charest. C'est à force de ténacité que l'on finit par gagner."
Les conservateurs se sont empressés de réagir à cette déclaration de M. Duceppe.
Le ministre Lawrence Cannon, lieutenant québécois de M. Harper, a tenu à rappeler, en entrevue téléphonique, que le Bloc veut l'élimination du pouvoir fédéral de dépenser et pas seulement son encadrement.
Quand vient le moment d'expliquer pourquoi son gouvernement n'a pas livré la loi promise pour encadrer ce pouvoir, M. Cannon répond que "le premier ministre s'est formellement engagé de nouveau à ce que le pouvoir fédéral de dépenser soit encadré. Alors, ça c'est immuable comme engagement."
Stephen Harper, qui avait fait cette promesse la première fois lors de la campagne de 2005-2006, l'a répétée le jour du déclenchement de la présente campagne électorale, le 7 septembre dernier.
Outre les exigences de Québec, le chef bloquiste entend aussi revenir sur la question de l'Afghanistan aux débats de mercredi et jeudi soir. Il rappelle qu'on n'a toujours pas vu le rapport sur les coûts de la présence militaire canadienne en Afghanistan. Un officier du parlement a complété cette évaluation et tous les chefs politiques sont d'accord pour qu'elle soit rendue publique avant le vote du 14 octobre.
M. Duceppe avait réclamé de voir les chiffres avant les débats. Il espère encore que ce soit possible d'ici jeudi soir.
Pour ce qui est de l'économie, qui risque de prendre beaucoup plus de place que prévu lors des débats, M. Duceppe compte présenter sa vision de deux économies canadiennes: une basée sur le pétrole et l'autre basée sur le secteur manufacturier. C'est cette dernière, selon lui, qui a été négligée par le gouvernement Harper et qui risque de subir les pires conséquences de la crise américaine.
Tous ces dossiers, le chef bloquiste les repasse en revue en attendant le début du premier débat, mercredi soir à 20h00. Mais il confie qu'il y a une chose qu'il ne fait pas pour se préparer aux débats: il ne participe pas à des exercices de simulation où ses adjoints joueraient les rôles de ses adversaires. "Je n'ai jamais fait ça", a-t-il confié en point de presse avant de se retirer pour se préparer aux débats. "J'ai de la misère à faire semblant. Papa était comédien. C'est un grand talent que je n'ai pas."