Accueil >> En Affaires >> Nouvelles économiques >> Détail d'article
Le chef libéral Stéphane Dion aura fort à faire d'ici la fin de la campagne électorale pour convaincre les habitants de l'Atlantique de le suivre dans son "Tournant vert".
En effet, même le premier ministre du Nouveau-Brunswick Shawn Graham, pourtant libéral, hésite à appuyer cette ambitieuse réforme de la fiscalité qui taxerait les émissions de gaz à effet de serre.
M. Graham a assuré jeudi matin qu'il était favorable à la plateforme du PLC dont le Tournant vert constitue le coeur. Il a cependant précisé qu'il travaillerait avec un éventuel gouvernement libéral fédéral pour être certain que la mise en oeuvre de ce projet était compatible avec les intérêts de sa province.
"Je suis prêt à travailler avec le gouvernement au pouvoir à Ottawa pour avancer les besoins des citoyens. Ça c'est ma priorité comme premier ministre. Mais je suis libéral et je vote libéral à la prochaine élection fédérale", a-t-il insisté.
L'idée d'une taxe sur les gaz à effet de serre risque de faire peur aux habitants du Nouveau-Brunswick et des provinces voisines dont l'économie repose en grande partie sur l' agriculture, la pêche, l'exploitation forestière et l'extraction pétrolière et le raffinage.
La société Irving songe à ouvrir une deuxième raffinerie dans cette région qui a bien besoin d'emplois et plusieurs redoutent que le plan libéral, qui taxe la pollution, n'entraîne l'abandon du projet.
M. Dion a tenté de rassurer les citoyens du coin en leur expliquant qu'un gouvernement libéral investirait dans les technologies vertes pour aider les entreprises à prendre le virage, pour le plus grand bien de l'écologie et de l'économie.
"Il faut à tout prix avoir un développement économique de la ville qui soit durable, a-t-il martelé. Voilà ce qu'il faut faire pour être compétitif dans le monde."
Il a aussi tenté de convaincre les militants libéraux que l'efficacité énergétique était la seule voie d'avenir. Il a qualifié le gouvernement conservateur de "gouvernement fossilisé", confiné dans une vision économique digne du XIXe siècle.
"Le Canada doit devenir un chef de file de l'environnement, pas un traînard, a-t-il fait valoir, devant un groupe de gens d'affaires de Saint-Jean. Pas seulement pour laisser à nos enfants une planète en meilleure santé, mais aussi pour pouvoir profiter pleinement des immenses possibilités que présente l'économie verte."
La caravane libérale parcourrera jeudi la distance séparant un océan de l'autre. L'avion du chef, baptisé Profess-Air par les journalistes, quitte le Nouveau-Brunswick pour se rendre à Vancouver. M. Dion fera brièvement halte à Thunder Bay (Ontario) en route.