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Daniel Jouanneau est ambassadeur de la France au Canada depuis 2004, de 1987 à 1989 il a également occupé le poste de consul général à Québec.
Les PME de France et du Québec brassent-elles assez d’affaires ensemble?
J’ai observé que depuis 20 ans une multiplication impressionnante des partenariats entre les PME françaises et québécoises. Pour une entreprise française qui veut opérer sur le marché de l’ALENA, le Québec est vraiment le bon endroit pour investir. Pour plusieurs raisons, mais surtout parce que le Québec est un milieu francophone et parce que le Québec est, tout comme la France, une économie de PME jeunes et dynamiques et parce que le partenaire québécois va apprendre à l’entreprise française à se préparer à la compétition sur le marché américain.
Qu’est-ce que les entreprises françaises viennent chercher au Québec?
Elles viennent chercher une taille similaire qui permet des partenariats équilibrés entre les entreprises. Elles viennent également trouver une expérience du continent nord-américain, une expertise et un savoir-faire qui n’existent pas nécessairement en France. Les entreprises françaises retrouvent le même dynamisme et la même créativité que celle qui existe dans les PME en France.
Quels seraient les grands obstacles à l’exportation entre la France et le Québec?
L’accès au marché européen est encore un peu difficile pour les entreprises canadiennes puisque leurs produits sont adaptés aux normes américaines et ne répondent pas nécessairement à la réglementation de l’Union européenne. On voit aussi des problèmes dans la reconnaissance des diplômes et les équivalences académiques. L’accès au marché public est également plus difficile pour les entreprises françaises au Québec puisque même si le marché public fédéral est ouvert ce n’est pas le cas des paliers provinciaux et municipaux. Le cas d’Alstom avec le métro de Montréal en est le meilleur exemple.
Quels seraient les meilleurs exemples de partenariats réussis entre des entreprises de la France et du Québec?
J’ai donné quelques exemples, mais on peut retenir trois entreprises majeures qui étaient des PME mais qui ont grandi depuis. On parle d’Yves Rocher et de la Brioche dorée qui se sont servi du Québec comme porte d’entrée sur le marché américain et notamment à New York. Un autre exemple inévitable serait bien sûr Ubisoft qui est devenue un des plus gros joueurs au monde sur le marché des jeux vidéo et qui s’est épanouie en France comme au Québec.
Existe-t-il des outils pour les entreprises québécoises qui veulent entrer sur le marché français?
En fait, le Québec est le seul partenaire dans le monde avec lequel nous avons un partenariat clair et établi au sujet de la coopération entre entreprises. C’est le programme UbiFrance-Québec et il permet aux PME de lier plus facilement des ententes, d’exporter et d’investir en France ou au Québec.
Monsieur Jouanneau a été rencontré par Les Affaires.com lors d'un dîner causerie organisé par le CORIM.