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Cinq questions à...

Simon Prévost, vice-président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI ) pour le Québec.

Est-ce que les PME sont toujours le cœur de l’économie québécoise?

Je vous dirais qu’il y a une intéressante dualité dans la façon dont les entrepreneurs voient leur situation. Nos sondages trimestriels montrent que la confiance des chefs d’entreprises québécois est en bas de la moyenne canadienne. En même temps, nos études montrent que 75% des emplois créés chaque année le sont au sein même des PME et ce, malgré les difficultés rencontrées par le secteur manufacturier. Donc la situation n’est pas rose, mais sur l’aspect de l’embauche en particulier, les PME font relativement bien au fil des ans.

Est-ce que les politiques publiques sont favorables à l’entrepreneuriat au Québec?

Oui, c’est certain qu’il y a beaucoup de programmes qui aident les entrepreneurs à démarrer et faire croître leurs entreprises. Il n’y a qu’à consulter les sites du gouvernement pour se rendre compte qu’il y en a une myriade. Toutefois, la fiscalité québécoise pose toujours un grave frein à un climat d’affaires sain. Avec la taxe sur le capital, qui sera éliminée en 2011, et l’impôt sur le revenu, on taxe carrément les PME sur leurs moyens de production. Donc, avant même qu’elles aient réalisé un cent de revenu, on leur met des bâtons dans les roues. Selon nos chiffres, c’est aussi 8G$ en temps perdu à remplir de la paperasse chaque année pour les entrepreneurs qui pourraient utiliser tout ce temps-là à faire grandir leurs entreprises.

Le problème de la main d’œuvre est-il toujours aussi présent?

Ça pourrait être considéré comme un problème conjoncturel puisqu’en général le marché du travail va bien. Mais maintenant c’est presque généralisé tout en étant plus criant dans les secteurs de la construction, de l’agriculture, de la restauration et de l’hébergement. C’est un problème lié à la base à l’évolution démographique, mais c’est également causé par l’emphase qui a longtemps été mise ici sur l’éducation supérieure au détriment de l’enseignement des métiers. On a commencé à essayer de renverser la vapeur, mais c’est déjà un peu tard pour agir.

Les entrepreneurs ont-ils de la relève?

Le problème n’est maintenant plus vraiment de créer de nouvelles entreprises, mais plutôt de trouver des gens pour prendre la relève des patrons actuels. Selon nos chiffres, 35% des chefs d’entreprises de PME seraient à la veille de prendre leur retraite. On peut dans une certaine mesure compter sur l’immigration pour combler ce manque à gagner, mais pas dans tous les secteurs. Ce n’est pas évident de trouver un successeur pour tous les types d’entreprises, pensons par exemple aux manufactures qui représentent un défi beaucoup plus important pour une entreprise. La relève en grande partie va devoir venir d’ici puisque les immigrants-entrepreneurs ne seront malheureusement pas la panacée.

Qu’est-ce qui va bien pour les PME au Québec?

Contrairement à ce qu’on pourrait croire au sujet de la hausse du dollar, nos membres sont nombreux à souhaiter une monnaie forte par rapport au dollar américain. Lors de nos sondages trimestriels, 50% de nos membres sont indifférents à la valeur du dollar et 20% d’entre eux souhaiteraient carrément que sa valeur continue de grimper. Ça fait 70% des entrepreneurs à travers le Canada qui ne sont pas touchés par la hausse du dollar. C’est sûr que ce ne sont pas des entreprises du secteur manufacturier. Encore là, selon nos études, 30% des PME du secteur manufacturier voudraient quand même un dollar plus haut. Toutes nos entreprises ne sont pas des exportatrices, ce sont également des entreprises qui achètent leurs entrants aux États-Unis donc pour elles c’est un énorme avantage.

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