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Mario Limoges est le directeur général du Centre local de développement (CLD) de la région de la Haute-Yamaska.
En région, quels sont les principaux défis auxquels font face les entreprises en matière de croissance?
L’exportation est une étape importante, quand les petites entreprises ont terminé de faire le tour de leur marché national et qu’elles souhaitent passer au marché international, elles peuvent frapper un mur. Il y a de nouvelles exigences qui entrent en compte en matière de normes ou de contact avec les clients qui se trouvent à l’étranger. Ces nouveaux facteurs obligent les entreprises à avoir beaucoup plus de rigueur à l’interne. Pour une petite entreprise, le défi de l’exportation est difficile s’il n’est pas accompagné de mesures concrètes d’aide sur le terrain.
Que faites-vous pour aider vos entreprises à croître?
Ici à Granby, près de 400 PME côtoient de plus grandes entreprises et des filiales américaines de très grandes entreprises. On a essayé de se servir de ce contact afin de réunir les acheteurs de ces grandes entreprises à rencontrer nos entrepreneurs manufacturiers afin de leur apprendre ce qu’ils pouvaient faire afin de devenir des fournisseurs de ces mêmes grandes entreprises. Une fois que le contact est fait, la petite entreprise de Granby pourra non seulement faire affaires avec la filiale présente ici, mais souvent aussi avec beaucoup d’autres succursales de cette même entreprise.
Être en région devient donc un avantage pour vos entreprises en matière de croissance?
Ce sont des partenariats qui sont plus faciles à établir dans une communauté d’affaires constituée d’individus qui sont faciles à rejoindre et qui se rencontrent souvent. Ils sont également plus disponibles à s’ouvrir et les rapports humains favorisent énormément les contacts. En ville, une entreprise qui souhaite croître va devoir fonctionner beaucoup plus par essais et erreurs avant d’atteindre son but. En région on pourra croître de façon beaucoup plus lente, mais également avec beaucoup plus de prudence. Les entreprises sont plus près les unes des autres et il y a un échange réel qui existe entre le donneur d’ordre et le fournisseur.
Au niveau des communautés d’affaires elles-mêmes y a-t-il des outils à la croissance qui sont sous-utilisés?
Le partage de l’expertise entre les dirigeants d’entreprises est souvent mal utilisé quand il n’est pas carrément ignoré. Nous avons créé un forum où les entreprises sont regroupées selon des thèmes et où elles peuvent se rencontrer pour faire des visites d’entreprises, mais également pour tenir des conférences sur des sujets précis afin d’échanger, par exemple, sur les différentes façons de percer le marché chinois. En faisant parler des entrepreneurs d’ici de leurs expériences, on ouvre décidément des portes aux PME.
On connaît les problèmes de croissance des PME au Québec, qu’est-ce qui manque aux entreprises d’ici?
Les entreprises n’ont pas la vie facile. On parle du dollar qui est très haut et des prix de transport qui explosent avec la montée des prix de l’essence. Justement, dans cette situation, il manque selon moi une intervention des gouvernements, plus particulièrement du gouvernement fédéral, afin de mettre en place des programmes d’encouragement à l’investissement pour que les entreprises profitent du dollar haut afin d’acheter de nouveaux équipements qui leur permettront ensuite d’être plus compétitives sur le marché mondial.