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Cinq questions à…

Louis Hébert est Professeur titulaire et Directeur pédagogique du programme EMBA McGill et HEC Montréal.

D’où vient le problème de croissance des PME au Québec?

La dernière génération d’entreprises avait tiré sa croissance de la diversification de produits et avait envahi le marché canadien. Celle qui est venue après a profité de l’arrivée du libre-échange pour exporter aux États-Unis, aux dépens peut-être de la diversification de produits. À la fin des années 2000, on s’est retrouvé avec une majorité d’entreprises dont les activités étaient liées au marché américain, soit par l’exportation ou par le biais d’activités implantées là-bas. Cette dépendance-là a toujours été dangereuse et pour l’instant les PME doivent surtout espérer pouvoir maintenir leurs activités.

La montée du dollar a-t-elle des conséquences méconnues sur les PME?

Oui, habituellement on veut investir dans un marché en croissance et, avec la montée du dollar, les entreprises pourraient être tentées d’aller acheter de la machinerie un peu partout dans le monde. C’est bien, car elles profiteront d’un meilleur prix… sauf que puisque la croissance économique à venir aux États-Unis est relativement faible, ça ne vaut pas toujours la peine d’investir dans son capital de production. Présentement les entreprises tentent d’absorber le choc d’un marché qui implose.

Quelles entreprises pourraient réussir à profiter de cette hausse du dollar pour croître?

Les entreprises qui n’ont pas concentré toutes leurs activités ici et qui en ont toujours aux États-Unis. De cette façon, les unités de production qui sont toujours là-bas profitent d’un taux de change faible. Encore là, c’est beaucoup plus facile pour les grandes entreprises de déplacer leur production. Les PME, elles, ont pu s’aider en gardant une bonne santé financière. Elles peuvent profiter de très belles occasions d’achat autant au Canada qu’aux États-Unis.

Quels sont les pièges à éviter pour ces entreprises qui souhaitent faire des acquisitions?

Premièrement, je dirais un endettement trop élevé relié soit à un prix trop élevé, des ressources financières surévaluées ou à une surestimation de la valeur de la compagnie à acheter. La deuxième grande erreur serait de surestimer les synergies, surtout les synergies de revenus. Il faut également comprendre que l’acquisition est un jeu auquel on devient bon à force d’essai et d’erreur. C’est un muscle qu’on gagne à exercer de façon régulière et systématique.

À quoi peuvent s’attendre les PME pour les mois à venir?

La situation actuelle démontre que les risques associés à la valeur de la monnaie persistent malgré tout, quels que soient les instruments financiers que l’on a. Il s’agit d’être capable de compenser les risques et non de les éviter. L’entreprise doit être capable de gérer cet aspect-là puisque, selon moi et les analyses des marchés financiers, le dollar va demeurer élevé. On doit se préparer à une persistance de la parité.

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