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Réal Jacob est professeur titulaire aux HEC où il est également Directeur de la valorisation, du transfert aux entreprises et de la formation des cadres.
Qu’est-ce qu’un partenariat réussi?
Il y a le partenariat classique, où la plus grande entreprise agit comme un donneur d’ordre à la plus petite qui, elle, devient un sous-traitant. Il y a cependant d’autres types de partenariats qui offrent une plus grande synergie aux entreprises qui se regroupent et qui permettent des avantages stratégiques, des économies d’échelle ou le partager des ressources. Un des meilleurs exemples est probablement les PME de Québec œuvrant en optique photonique qui se sont unies afin de demander à l’Université Laval de mettre sur pied un projet de formation de la main-d'œuvre.
Quels sont les aspects sous-estimés en matière de partenariat?
Peu d’entreprises savent que des partenariats, ça se fait également avec des centres de recherche et des universités… mais cette idée commence à être de plus en plus répandue. Par exemple, les PME commencent à travailler avec des laboratoires qui leur permettent d’améliorer leurs processus de production. Les chercheurs vont trouver des façons plus rapides de produire quelque chose ou de nouvelles idées de mise en marché. Les études qui se font à l’UQTR, à la Chaire industrielle de recherche sur la fabrication du meuble, sont très porteuses en matière de concurrence avec les pays d’Asie.
Quelles sont les erreurs à éviter en matière de partenariat?
Premièrement, ça prend un besoin clairement identifié ainsi qu’une relation de confiance puisque sans vrais chiffres ou vraies données, on n’arrive à rien. Les gens doivent donc être ouverts. Et il faut que le partenariat soit un objectif stratégique au sein de la PME. Il y a également une grande part de prise de risque puisque le succès n’est jamais garanti même si on donne beaucoup d’information à notre partenaire. Ça commence donc dans la tête de l’entrepreneur, ensuite tout est une question de bien choisir son partenaire : est-ce une entreprise ou un organisme local? Si c’est une entreprise, il faut accepter cette « coopétition » puisqu’à certains moments les partenaires seront en compétition et à d’autres moments, ils devront coopérer.
Les partenariats sont-ils garants d’une plus grande croissance des PME au Québec?
Non, sur 100% de PME il y aura seulement un 8 à 12% des entreprises qui iront vers l’exportation. Ces PME-là vont avoir un besoin important d’élargir leur base de compétences et c’est à ce moment-là qu’elles devront faire des partenariats. Il est prouvé qu’elles vont être à l’origine de près de 70% de l’emploi total d’une région puisque ces PME vont entraîner beaucoup d’autres entreprises avec elles. Des études du Conference Board le démontrent : les PME qui s’appuient sur des réseaux sont les plus performantes et les plus rentables.
L’utilisation de réseaux permet-elle de mieux affronter la mondialisation?
Oui, une PME toute seule n’arrivera pas à grand-chose puisque le marché de l’exportation est difficile : souvent, les clients sont plus exigeants et les délais de livraison sont plus courts. On demande aux entreprises d’être encore plus flexibles et agiles. Pour relever tous ces défis, l’entreprise a besoin de travailler en réseaux avec des gens comme le CRIM, le Pole Chaudière-Appalaches, le CEFRIO ou les différentes Chaires de recherches. C’est simple, plus l’environnement d’affaires se complexifie et moins il est facile d’agir seul.