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Cinq questions à ...

Claude Demers est président de l’Association de recherche industrielle du Québec.

D’où part le désir d’innover?

L’innovation c’est un peu comme le sport pour les individus, certains n’en font pas du tout, d’autres en font pour garder la forme et il y a ceux qui en font de façon compétitive. Les entrepreneurs font de l’innovation comme les gens font du sport, à la mesure de leur ambition d’affaires. Quand tu veux être le meilleur, tu mets les heures et l’énergie qui est nécessaire.

En matière d’innovation, quelles sont les pièces de départ nécessaires au succès pour une entreprise?

Premièrement comme je l’ai dit, c’est une question d’ambition, de désir d’exceller, de performer et de gagner. Ensuite, l’entrepreneur va s’entourer de scientifiques oui, mais surtout de gens avec une compétence élevée et qui sont connectés avec le reste du monde pour utiliser ce qu’il y a de meilleur sur le marché. La base ce n’est donc pas des laboratoires de recherche, mais plutôt des gens créatifs, allumés et capables d’appliquer les nouvelles technologies à leur travail ainsi que de trouver des solutions nouvelles aux problèmes.

Quelles sont les embuches les plus communes sur le chemin des entrepreneurs qui souhaitent innover?

L’embuche que je vois, au Québec, ce sont les entreprises qui innovent sans être connectées au marché. Elles développent un bidule bien intéressant sans avoir pris le temps de voir si des consommateurs étaient prêts à l’acheter. La technologie a beau être nouvelle, si elle ne répond pas à un besoin elle n’aura pas de succès. Il faut donc éviter que la recherche et le développement se fassent sans être connectés au marché.

Les entreprises s’engagent aussi souvent sans calculer le coût et l’effort qu’un tel processus va demander. L’entrepreneur se retrouve à la moitié du chemin, ruiné et essoufflé.

Quels secteurs sont plus propices à l’innovation?

L’innovation est bien sûr prédominante dans les nouvelles technologies, comme les technologies de l’information et les biotechnologies où ça bourgeonne beaucoup. Dans ces secteurs si les entreprises n’innovent pas elles se retrouvent rapidement distancées. Dans les secteurs plus traditionnels, il y en a mais c’est variable selon le secteur d’activité et le chiffre d’affaires.

Quels sont les meilleurs exemples de réussite en innovation au Québec?
On peut penser à Exfo de Québec, Premier Tech à Rivière-du-Loup, sans oublier CAE et Pratt & Whitney à Montréal. La plupart de ces entreprises ont réussi en se basant non seulement sur une ambition claire et des ressources humaines efficaces, mais également sur très peu de financement externe ainsi que sur un réinvestissement rapide des profits dans l’entreprise. Ces entrepreneurs sont des natures fortes et indépendantes face au financement extérieur, mais ils ont également profité, quelque part, d’un bon « timing » grâce à leur flair pour saisir et exploiter les opportunités qui se présentent.

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