go

Recherche avancée

Accueil

Accueil >> Dossiers  >> Grand enjeux mobilisation  >> Détail d'article - mobilisation

Série Les Grand Enjeux Secor / Les Affaires

 
  Accueil
  Articles
  Vidéos
   
  Votre entreprise passe-t-elle le test de la mobilisation?
 
 

La présence d'un syndicat a peu d'effet sur le niveau d'engagement

  • Michel De Smet
  • 9 mai 2008

Le fait que ses employés soient syndiqués a généralement peu d'impact sur les stratégies de mobilisation mises en place par les entreprises. Ce qui compte, c'est d'adopter les meilleures pratiques de gestion.

"Le taux de mobilisation tient à ce que les travailleurs sentent que l'équipe de direction leur adresse un message authentique et que les moyens pour atteindre les objectifs feront à la fois leur bonheur, celui des clients et celui des actionnaires", indique Roland Gagnon, associé à la firme-conseil Praxcim.

"Cette évidence, tout employé, syndiqué ou pas, est capable de la comprendre", ajoute-t-il.

L'organisation du travail demeure l'apanage des gestionnaires et non des dirigeants syndicaux, comme tout ce qui relève de la vision d'une organisation et du leadership, souligne Denis Chênevert, professeur en gestion des ressources humaines à HEC Montréal.

"Les syndicats n'ont, en fin de compte, qu'un droit de gérance limité à ce qui est prévu par la convention collective, dit M. Chênevert.

"Généralement, les syndicats vont se montrer sourcilleux lorsque la stratégie mobilisatrice touche la rémunération, en particulier lorsqu'elle prévoit des primes au rendement. Selon eux, cela risque de créer arbitrairement de la discrimination entre les travailleurs", explique-t-il.

Le classement des 50 Employeurs de choix au Canada, publié depuis une décennie par Hewitt & Associés, confirme les propos des experts.

"Les résultats sont semblables d'une année à l'autre, à savoir que la syndicalisation n'a qu'une incidence mineure sur le niveau de mobilisation de la main-d'oeuvre de ces organisations, qui sont des championnes de la gestion des ressources humaines", dit Daniel Drolet, associé et coordonnateur de l'étude pour le Québec chez Hewitt & Associés.

Alliés ou adversaires

Le plus souvent, les stratégies de mobilisation visent à améliorer le positionnement d'une organisation par des approches de qualité et d'amélioration continue. En fonction du climat des relations de travail qui règne dans l'entreprise, l'équipe de direction décidera, ou non, d'associer le syndicat à la stratégie mobilisatrice.

À cet égard, l'usine d'assemblage de camions Paccar, à Sainte-Thèrese, constitue un exemple probant.

"À la fin des années 90, Paccar s'est donné d'ambitieux objectifs d'amélioration de la qualité. Le syndicat s'est engagé aux côtés de la partie patronale. Ç'a été un franc succès. L'usine est devenue la plus performante de la multinationale américaine et a remporté plusieurs distinctions pour sa démarche en qualité totale", indique M. Chênevert.

Le professeur de HEC estime que s'allier au syndicat garantit une sorte de pérennité de la mobilisation des travailleurs. "L'équipe de gestion est souvent appelée à se renouveler, ce qui peut entraîner une remise en cause de la stratégie mobilisatrice. En revanche, il y a de bonnes chances pour que les représentants syndicaux demeurent plusieurs années dans l'entreprise", fait remarquer M. Chênevert.

Mais lorsque les relations de travail ne sont pas harmonieuses, les objectifs de mobilisation peuvent faire l'objet d'une lutte de pouvoir entre le syndicat et la direction.
C'est ce qui s'est produit chez Domtar lorsque la papetière a entrepris, il y a une décennie, d'implanter une démarche d'amélioration continue dans ses usines en Amérique du Nord.

"Le syndicat montrait une grande hostilité. Paradoxalement, les travailleurs trouvaient l'expérience valorisante et certains ont décidé de passer outre aux consignes syndicales de ne pas poursuivre le processus d'amélioration continue. Ce qui leur a valu d'être mis à l'amende par leur syndicat", rapporte Roland Gagnon qui était à l'époque à l'emploi de Domtar.

Syndiqués et mobilisés

Au Canada, les entreprises très performantes en matière de gestion des ressources humaines obtiennent un taux de mobilisation remarquable, même des syndiqués.
C'est ce que révèle le palmarès 2008 de la société-conseil Hewitt & Associés établissant les 50 Employeurs de choix au Canada.

"Les entreprises dont plus du tiers du personnel est syndiqué affichent un taux de mobilisation de 80 %, soit 4 % de plus que les organisations dont la plupart des travailleurs ne sont pas syndiqués", précise Daniel Drolet, associé et coordonnateur de l'étude chez Hewitt & Associés.

Un constat qui se confirme d'année en année : la syndicalisation n'a presque aucun impact sur le niveau de mobilisation des travailleurs. Par exemple, en 2007, l'étude révélait un écart de 1%, cette fois en faveur des entreprises non syndiquées.

"En revanche, l'écart est significatif lorsqu'on prend en compte les entreprises qui ont participé à notre sondage mais qui ne se sont pas classées dans notre top 50. Dans ce cas, le taux de mobilisation chez les syndiqués est en moyenne inférieur de plus de 10% par rapport à leurs collègues non syndiqués", dit M. Drolet.

130 000 travailleurs sondés chaque année

Mentionnons que, ces dernières années, environ 125 entreprises de plus de 400 employés ont participé au palmarès des 50 Employeurs de choix au Canada. Au total, le sondage rejoint chaque année 130 000 travailleurs qui ont à évaluer leur engagement envers leur employeur.

Publicité

les affaires.tv

Publicité
Publicité

Liens commerciaux