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Vers un retour au déficit pour le Québec ?

Comme Ottawa, le ralentissement économique fait en sorte que Québec pourrait replonger en déficit au cours des prochaines années.

En fait, n'eût été de la réserve budgétaire de 1,8 milliard $ que Québec s'est constituée au cours des deux dernières années, notamment grâce à des rentrées fiscales additionnelles et au produit de la vente de Transelec, la filiale d'Hydro-Québec au Chili, le gouvernement enregistrerait un déficit de 1,4 milliard $ en 2008-09 et de 447 millions $ en 2009-10.

De plus, si la situation économique morose devait perdurer au-delà, la réserve serait épuisée et ne pourrait pas servir à éponger d'éventuels déficits en 2010-11 et en 2011-12.

Pour ces exercices, Québec prévoit des déficits de 143 et de 90 millions $, respectivement, mais rappelle que la situation risque de changer considérablement d'ici là.

Pour l'exercice 2007-08, qui se termine à la fin du mois, le gouvernement dégagera un surplus de 717 millions $, grâce surtout à des recettes fiscales plus élevées que prévu et aux bénéfices d'Hydro-Québec supérieurs aux prévisions.

La taxe de vente du Québec a rapporté 453 millions $ de plus que prévu, l'impôt des particuliers, 232 millions $, et l'impôt des sociétés, 75 millions $. En incluant la contribution additionnelle imprévue de 381 millions $ provenant d'Hydro-Québec, le gouvernement a pu compter sur 1,3 milliard $ de plus que projeté en 2007-08.

Pour 2008-09, le gouvernement prévoit une maigre hausse de 0,1 pour cent des revenus, à cause surtout de la réduction des impôts et du ralentissement anticipé. Au cours des quatre années subséquentes, Québec prévoit une hausse de ses revenus variant entre 2,8 et 3,5 pour cent. En 2007-08, l'augmentation aura été de 3,7 pour cent.

Du côté des dépenses, après une hausse de 4,8 pour cent en 2007-08 (supérieure à l'objectif de 3,9 pour cent fixé en mai 2007), Québec envisage une augmentation de 3,6 pour cent en 2008-09, soit beaucoup plus que la croissance attendue des revenus pour l'année (0,1 pour cent). En 2009-10, la hausse des dépenses devrait se limiter à 2,8 pour cent.

Fait intéressant, malgré une progression anticipée des profits des entreprises de 2,6 pour cent en 2008 et de 2,8 pour cent en 2009, les revenus que le gouvernement tire de l'impôt des sociétés baisseront de 4,4 pour cent en 2008-09 et de 1,8 pour cent en 2009-10. L'élimination graduelle de la taxe sur le capital et l'instauration d'un crédit d'impôt à l'investissement expliquent les baisses.

Economie et dette

Pour 2008, le gouvernement mise sur une croissance économique de 1,5 pour cent, alors qu'il tablait sur 2,5 pour cent en mai 2007. Le consensus des économistes du secteur privé est de 1,6 pour cent.

La baisse des exportations aura retranché 1,8 point de pourcentage à la croissance économique du Québec en 2007. L'impact négatif devrait être de 2,3 points de pourcentage en 2008 et de 0,4 points de pourcentage en 2009.

La dette totale atteindra 124,5 milliards $ au 31 mars, une augmentation de près de 2 milliards $ en un an. Elle représentera alors 41,6 pour cent du produit intérieur brut, contre 43,3 pour cent il y a un an.

Quant au Fonds des générations, qui vise à réduire la dette québécoise au moyen de redevances hydrauliques, son solde sera de 603 millions $ au 31 mars et de 742 millions $ dans un an. Happé par la chute des marchés financiers, le Fonds, qui est géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec, n'a rapporté que 24 millions $ en revenus de placement en 2007, alors qu'une somme de 59 millions $ était prévue.

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