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Budget: bouffée d'air pour le secteur manufacturier


La ministre des Finances Monique Jérôme-Forget, avec le premier ministre Jean Charest. Photo: La Presse Canadienne

Même si la communauté d’affaires reste sur sa faim à la suite du budget de la ministre des Finances Monique Jérôme-Forget, les entreprises manufacturières saluent l’abolition de la taxe sur le capital qui les aidera à passer à travers une période très difficile.

Consultez notre dossier spécial.

Ainsi, à compter d’aujourd’hui, les manufacturiers ne paient plus aucune taxe sur le capital (machinerie, équipements, etc.). C’est de loin la principale mesure annoncée pour les sociétés dans le budget, disent les analystes.

Les entreprises non manufacturières, elles, paieront la taxe (à un taux de 0,36%) jusqu’en 2011.

Pour les Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ), c’est une grande victoire. L’organisme réclamait l’abolition de cette «taxe à l’investissement» depuis des années.

«Nos entreprises auront plus d’argent dans leur poche et, en plus, on envoie le message que le Québec est une terre d’investissement», dit Jean-Luc Trahan, pdg des MEQ.
C’est un tout autre son de cloche du côté de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui déplore que le budget ne s’adresse qu’aux manufacturiers.

«Il n’y a pas grand-chose pour les entreprises non manufacturières, surtout pour celle en région», tonne Simon Prévost, vice-président Québec de la FCEI. Ce dernier déplore aussi que le budget ne prévoit aucune mesure pour réduire l’impôt sur les revenus des PME ou la taxe sur la masse salariale.

«Par rapport à moyenne canadienne, les PME québécoises paient deux fois plus d’impôts et quatre fois de taxes», dit-il.

Le taux d’imposition sur les revenus des PME au Québec s’élève à 8 %, tandis que celui de la moyenne des autres provinces (excluant le Québec) est de 4%.

Même tiédeur du côté de Michel Kelly-Gagnon, président du Conseil du patronat du Québec. «C’est un budget mixte : il y a de bons et des moins bons coups. Ce budget a tout juste la note de passage.»

S’il salue l’abolition de la taxe sur le capital, il dénonce en revanche la hausse du taux d’imposition des grandes entreprises, qui passe de 11,4 à 11,9 %. « Ce n’est pas une surprise, dit-il. Québec avait annoncé cette hausse dans le budget 2006-2007. »

Crédit à l’investissement

Une autre mesure importante qui touche les entreprises manufacturières est la création d’un nouveau crédit d’impôt de 5 à 40 % pour l’investissement. Ce crédit vise l’achat de matériel de fabrication et de transformation.

Accessible à toutes les régions du Québec, il varie toutefois en fonction de l’emplacement d’une entreprise. Ainsi, plus sa région est éloignée, plus le crédit d’impôt est élevé.

Ce taux sera donc d’au moins 5% pour toutes les entreprises du Québec, mais de 20% pour les manufacturiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Mauricie, et 30% pour ceux du Bas-Saint-Laurent.

Le taux le plus élevé (40%) est prévu pour les entreprises des régions de la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord, de l’Abitibi-Témiscamingue, et du Nord-du-Québec.
«Ce crédit d’impôt est un bon premier pas pour combler le retard des entreprises en terme de productivité», souligne Mathieu Laberge, économiste à l’Institut économique de Montréal.

Par contre, il ne comprend pas pourquoi Québec prolonge d’un an le crédit d’impôt sur la masse salariale, une mesure inefficace, selon lui, parce qu’elle contribue à maintenir certains emplois non productifs.

«On aurait pu simplement laisser disparaître cette mesure dans deux ans, tel que prévu à l’origine par le gouvernement», dit-il.

Nouveau crédit d’impôt pour les TI

L’élargissement du crédit d’impôt pour l’industrie des technologies de l’information, partout au Québec, est une autre surprise du budget.

Désormais, Québec ne soutiendra plus seulement les entreprises installées dans des sites dédiés, comme les Centre de la nouvelle économie (CNE), mais toutes les entreprises sur le territoire québécois.

Il s’agit d’un crédit d’impôt correspondant à 30% des salaires des emplois liés à des activités d’innovation. Il s’agit par exemple de développement de systèmes ou de conception de solutions de commerce électronique.

Cet élargissement à un coût, fait toutefois remarquer François Imbeau, associé chez Samson Bélair / Deloitte & Touche. «Québec a réduit le taux du crédit, qui passe de 40 à 30%, et il a aussi restreint l’accessibilité à ce programme», dit-il.

Par exemple, les entreprises oeuvrant dans les technologies des matériaux n’auront plus droit à ce crédit d’impôt.

Selon le ministère des Finances, plus de 90% des entreprises visées par ce crédit d’impôt œuvre dans le secteur des technologies de l’information.

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