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La faiblesse de l’aide pour les entreprises du secteur manufacturier et de l’industrie forestière déçoit. L’argent placé dans la réduction de la dette et la fixation de cotisations d’assurance-emploi réjouit toutefois les entreprises.
Jean Laneville, économiste à la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), déplore l’absence de bonification de l’aide annoncée en janvier pour les régions touchées par les difficultés du secteur manufacturier et de l’industrie forestière.
L’Association canadienne des manufacturiers et exportateurs est également déçue du peu d’aide accordée aux secteurs manufacturier et exportateur. « Nous avons reçu des idées recyclées et des mesures insignifiantes à un moment où il nous aurait fallu des solutions tangibles», clame son président, Jay Myers.
Les manufacturiers s’attendaient à des périodes d’amortissement fiscal de cinq ans en ce qui concerne l’amortissement accéléré. Ils n’ont obtenu qu’une année de plus aux deux années déjà en vigueur, suivi de deux années supplémentaires à taux réduit. «Ce n’est tout simplement pas suffisant», déclare Jay Myers.
Stéphane Leblanc, associé et fiscaliste chez Ernst & Young, partage la déception des manufacturiers. «Cette mesure coûtera au fédéral environ 150 millions $. C’est bien peu par rapport aux besoins de cette industrie», dit-il. Quant aux autres petites mesures, il ajoute qu’elles «portent sur des sommes d’environ 15 M$, sans commune mesure avec les milliards en jeu dans les baisses d’impôts annoncées précédemment».
Réjouissances
La FCCQ se réjouit quant à elle de cette prolongation des mesures d’accélération de l’amortissement, qui permettra aux entreprises de moderniser leurs équipements.
Par ailleurs, la fixation des cotisations et la création d’une société d’État indépendante chargée de la gestion et du financement de la caisse d’assurance-emploi devraient plaire aux petites entreprisesestime Simon Prévost, vice-président de la Fédération Canadienne des entreprises indépendantes (FCEI) section Québec.
La FCEI applaudit aussi les 10 G$ investis dans le remboursement de la dette. M. Prévost explique que la dette revient chaque année comme la priorité budgétaire la plus importante pour ses membres, qui considèrent que la réduction de la dette équivaut à des réductions de taxes et impôts dans le futur.
« Même s’il contient peu de nouvelles mesures pour les entreprises, le budget fédéral déposé aujourd’hui est un budget responsable qui contribuera à stimuler l’investissement», a réagi le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Michel Kelly-Gagnon, dans un communiqué.
Abolition des bourses du millénaire
L'abolition du programme de la Fondation canadienne des bourses du millénaire et son remplacement par un programme fédéral de subvention inquiète la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Elle y voit un moyen déguisé de diminuer le financement des prêts et bourses. La FEUQ est aussi déçue de l'absence de réinvestissement dans le transfert fédéral aux provinces pour l'éducation postsecondaire.