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Ottawa reste sourd à l'industrie manufacturière

Les entreprises et les travailleurs qui espéraient encore qu'Ottawa profite de son budget pour donner un coup de pouce au secteur manufacturier seront déçus. Le plan dévoilé mardi par le ministre des Finances Jim Flaherty ne contient en effet aucune nouvelle mesure susceptible d'offrir un répit aux secteurs fragilisés par la hausse du dollar canadien et la concurrence mondiale.

Il faut dire que le gouvernement Harper avait déjà dévoilé en janvier la pièce maîtresse de son plan, cette Fiducie pour le développement des collectivités dotée de 1 milliard $ et qui financera notamment des projets de relance ou de transition dans les villes monoindustrielles.

A ce plan jugé insuffisant par le Québec, l'Ontario et les partis d'opposition aux Communes, le fédéral ajoute 250 millions $ en cinq ans pour aider les constructeurs automobiles à mettre au point des véhicules "novateurs, moins polluants et plus éconergétiques".

D'après le ministre, cet investissement favorisera la compétitivité du secteur automobile, en plus d'aider le Canada à atteindre ses objectifs environnementaux. Le gouvernement espère sans doute aussi plaire aux électeurs du sud de l'Ontario _ entre autres à ceux de la circonscription du ministre lui-même, Whitby-Oshawa.

"Le gouvernement veut que le Canada soit un pays de choix pour lancer une entreprise et la faire grandir. Avec une concurrence internationale toujours plus forte, il faut prendre des mesures pour encourager l'investissement et accroître notre avantage concurrentiel", a déclaré le ministre dans son discours du budget.

Parmi les autres solutions préconisées par Ottawa figure la prolongation de trois ans du programme de déduction accélérée des investissements, qui incite les entreprises à se moderniser. D'après le ministre, cela représente un allègement fiscal de 1 milliard $ supplémentaires.

Cela s'ajoute aux baisses d'impôt et autres mesures dévoilées lors de la mise à jour économique du 30 octobre dernier. Encore une fois, le ministre Flaherty a incité les provinces à réduire à leur tour leur impôt sur le revenu des sociétés, pour qu'il soit de 25 pour cent d'ici 2012.

Le président des Manufacturiers et exportateurs du Canada, Jason Myers, est néanmoins très déçu du contenu du budget. A son avis, le programme d'amortissement accéléré aurait dû être prolongé d'au moins cinq ans et il aurait fallu améliorer les crédits d'impôt à la recherche.

"Il y a des progrès pour les frontières et les infrastructures, il y a 50 millions $ par an pour la recherche et développement dans le secteur automobile (...) mais c'est de l'argent de poche", a-t-il fait valoir.

Répit aux travailleurs âgés

Ottawa a par ailleurs décidé de prolonger jusqu'en 2012 l'Initiative ciblée pour les travailleurs âgés (ICTA), annoncée en octobre 2006, et qui aide les chômeurs âgés vivant dans des communautés vulnérables à demeurer sur le marché du travail. Cette décision coûtera environ 90 millions $ au trésor public.

L'industrie forestière est sans conteste l'une des grandes oubliées du budget et devra se contenter de 10 millions $ en deux ans pour faire la promotion de ses activités à l'étranger. Ce montant sera remis à Ressources naturelles Canada, qui devra collaborer avec les provinces et les entreprises.

Pour la vice-présidente de l'Association des produits forestiers du Canada (APFC), cela est clairement insuffisant. "Ce n'est pas proportionnel aux difficultés auxquelles fait face le secteur, a-t-elle confié. Le secteur forestier fait face aux conditions les plus difficiles que nous avons vues depuis une trentaine d'années avec la hausse du dollar et la chute du marché immobilier aux Etats-Unis."

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