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L’industrie forestière veut des changements structurels

La crise forestière actuelle n’est pas seulement due à la force du dollar canadien et aux difficultés de la construction aux États-Unis, a dénoncé jeudi matin dans un discours le président-directeur général du Conseil de l’industrie forestière du Québec, Guy Chevrette.

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Il a aussi expliqué vouloir rétablir l’image du secteur forestier auprès de la population urbaine. Guy Chevrette s’est déclaré «satisfait de ne plus devoir consacrer autant d’énergie à faire reconnaître l’existence de la crise majeure que traverse le secteur forestier», après près de 150 fermetures d’usines et plus de 2000 pertes d’emplois.

Le discours a été effectué à l’occasion du Congrès 2008 du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), dont le thème est «Forêt et société : réalités et perceptions».

Il déplore toutefois que l’on continue d’expliquer cette situation par deux motifs conjoncturels, soit l’effondrement de la construction aux États-Unis et la force du dollar canadien.

Selon lui, «même si ces éléments se corrigeaient demain, l’industrie forestière québécoise ne serait pas pour autant en meilleure position sur le plan de la compétitivité».

Il précise que ses principales faiblesses structurelles ne seraient pas réglées. Le secteur forestier «continuerait à payer la fibre la plus dispendieuse au Canada et les copeaux les plus chers au monde».

Par ailleurs, il ajoute que l’industrie forestière serait toujours aux prises avec des approvisionnements réduits en bois rond, de surcroît de faibles dimensions. Il mentionne aussi le «carcan fiscal, législatif et administratif qui pèse lourd sur les entreprises québécoises».

Revaloriser le secteur forestier auprès de la population

M. Chevrette a profité de sa tribune pour faire quelques rectificatifs sur les perceptions de la population québécoise, surtout celle des grands bassins urbains, en mettant de l’avant les réalités du secteur.

S’adressant à ceux qui croient que l’industrie forestière coupe trop de bois et ne reboise pas assez, il précise avoir «l’impression que l’on critique encore nos pratiques du passé… alors que les superficies récoltées étaient beaucoup plus grandes et qu’on portait plus attention à éviter de gaspiller du bois mature qu’à la protection des sols et de la régénération forestière».

Guy Chevrette soutient que cette époque est terminée et que l’industrie forestière québécoise «reboise là où la régénération naturelle est insuffisante et où elle est prescrit de le faire». Il a donné l’exemple de la Réserve faunique des Laurentides, qui en serait selon lui en certains endroits à sa troisième récolte.

Il dénonce aussi les perceptions selon lesquelles l’industrie forestière fait partie du passé et qu’il faut passer à l’écotourisme, les industriels n’investissent plus, l’industrie se contente de faire du 2x4 et l’industrie «s’en met plein les poches en coupant nos forêts au profit des actionnaires américains».

Le Congrès 2008 du CIFQ se déroule jusqu’à vendredi à Québec.

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