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Ce n’est pas le temps de paniquer !

Dans un marché tel que celui des dernières semaines, où la volatilité quotidienne augmente énormément, « il est important de ne pas paniquer et d’adopter une perspective à long terme » comme l’a affirmé récemment un des dirigeants de Goldman Sachs, firme de courtage américaine.

N’oubliez pas que malgré cette volatilité accrue avec des écarts quotidiens de 2% entre le haut et le bas de la journée, en 2000 les écarts étaient d’environ 5% sur l’indice Nasdaq. De plus, oubliez les marchés quelques instants et focalisez votre attention sur le fait que « les affaires fondamentales du pays, c'est-à-dire la production et la distribution des biens, sont assises sur une base solide et prospère » (M. Hoover, Président des États-Unis, octobre 1929)

D’après le rapport du célèbre économiste John Kenneth Galbraith sur les causes et conséquences du krach de 1929, les banquiers, courtiers et industriels du temps étaient très actifs à calmer tout le monde vers la fin de l’année 1929. « Les représentants des trente-cinq plus grandes maisons de courtage se rassemblèrent dans les bureaux de Hornblower and Weeks et annoncèrent à la presse, en partant, que le marché était fondamentalement sain et techniquement en meilleure condition qu’il n’avait été depuis des mois. L’opinion unanime était que le pire était passé. La firme hôtesse dépêcha une lettre de marché qui déclarait : « à partir des transactions d’aujourd’hui, le marché devrait commencer à poser les fondations d’une avance constructive qui, nous croyons, caractérisera 1930. ». On parle ici du lendemain de la première journée associée au krach de 1929, soit le 25 octobre 1929.

Le marché tomba pendant quelques semaines dans un tourbillon de volatilité beaucoup plus violent que ce que nous avons connu en 2000. Puis le marché rebondit de 50% en 3 mois jusqu’en mars 1930. Du rapport Galbraith, « En mars 1930. après un flot de prévisions optimistes formulées par ses subordonnés. M. Hoover annonça que les plus graves conséquences de la catastrophe (le krach) en matière de chômage seraient effacées dans les soixante jours. En mai, M. Hoover affirma qu’il était convaincu que « nous avons passé le pire … vers la fin du mois, il déclara que les affaires seraient normales vers l’automne ».

De novembre 1929 à juin 1930, le président avait alors organisé de multiples comités d’étude sur les affaires du pays et les marchés financiers. À la fin de chacune de ces réunions, d’éminents financiers et industriels annonçaient toujours que l’économie et leur propre secteur industriel étaient « sains ». De mars 1930 à juillet 1932, le Dow Jones tomba de 85%.

Revenons à 2007 maintenant. En résumé, nous venons de vivre la plus grande et la plus longue bulle spéculative financée par une augmentation de dette record, de tous les temps. Le Dow Jones vient de prendre 7000 points ou 100% de hausse depuis 5 ans. Les marges de profits sont près des records historiques. Le consommateur est fatigué et endetté à des niveaux records aussi. Les marges des courtiers ont atteint de nouveaux records. La quantité de dette utilisée pour financer les prises de contrôle, les produits dérivés complexes et l’immobilier américain est phénoménale et difficilement calculable.

Et alors que l’indice Dow Jones perd à peine 1000 points ou environ 7%, on voit dans les médias d’innombrables commentaires rassurants des sources habituelles. On vous dit de ne pas paniquer, de penser à long terme et de profiter de ces aubaines créées par des sentiments négatifs exagérés.

Je suis parfaitement d’accord avec ces recommandations. Ce n’est pas le temps de paniquer. C’est simplement le temps d’adopter une perspective à long terme, ce qui nous dicte aujourd’hui que le rendement potentiel des actions sur 10 ans et plus est très probablement de moins de 5% aux prix actuels, soit le même rendement que les obligations à long terme ou les bons du Trésor.

Lorsque de telles circonstances se sont produites dans le passé en général, il aurait été une bonne chose de ne pas paniquer … et de vendre vos actions (ou une partie) ou de protéger votre portefeuille d’actions contre des baisses importantes. On tentera de vous faire sentir incompétent, trop émotif ou déraisonnable et on vous affirmera que vous paniquez inutilement si vous désirez réduire ainsi le risque de votre portefeuille.

Personne ne peut prédire le futur. Mais il est évident que des risques anormaux sont présents aujourd’hui. Ne vous sentez pas mal de vouloir réduire le risque de votre portefeuille. Ne vous laissez pas convaincre si tel est votre désir. Au pire vous aurez manqué un gain et au mieux vous aurez évité de lourdes pertes.

Quand nos leaders nous disent de ne pas paniquer, je me demande qu’est-ce qu’ils savent eux de si énervant qu’ils se sentent obligés de nous dire de ne pas paniquer ?

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