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Le chef libéral Stéphane Dion fera appel au Bureau de la vérificatrice générale pour garantir aux contribuables et aux entreprises que le gouvernement ne viendra pas piger dans leurs poches avec la taxe sur le carbone qu'il propose, contrairement à ce qu'avancent les conservateurs.
La neutralité fiscale est le pilier du plan complexe soumis par le leader libéral pour attribuer une valeur au carbone. En vertu de ce plan, qui doit être dévoilé cette semaine, le trésor fédéral ne garderait pas un sou des quelque 14 milliards $ de revenus que la taxe proposée sur le carbone produirait. Cet argent serait plutôt retourné aux consommateurs sous forme de baisses d'impôt sur les revenus des particuliers et des sociétés.
Mais les libéraux se disent conscients que les Canadiens ne croient pas toujours les promesses des politiciens, aussi M. Dion inclut-il dans sa proposition l'engagement de légiférer pour demander à la vérificatrice générale de revoir chaque année la mesure, et de vérifier publiquement si elle respecte effectivement le principe de neutralité fiscale.
"Nous allons le prouver", a assuré le porte-parole libéral pour les finances, John McCallum, en entrevue.
En l'absence de détails sur le projet libéral, les conservateurs n'ont cessé de soutenir que le plan Dion reviendrait à imposer "une taxe sur tout", et ont dénigré l'engagement du leader libéral envers la neutralité fiscale, rappelant que le Parti libéral a déjà renié sa promesse passée d'abolir la Taxe sur les produits et services (la TPS). Jason Kenney, chargé du dossier pour les conservarteurs, a résumé le plan de Stéphane Dion en disant aux contribuables: "Surveillez bien votre portefeuille, parce qu'il veut augmenter vos taxes."
La proposition de Stéphane Dion se veut un plan économique autant qu'environnemental. En marge de la crise des changements climatiques, les libéraux disent vouloir aider les Canadiens à réduire leur dépendance aux combustibles fossiles de la manière la moins douloureuse possible, au moyen notamment de mesures fiscales, avec une attention spéciale aux Canadiens à faibles et moyens revenus.
M. Dion a promis qu'il n'y aurait pas de taxe additionnelle sur l'essence à la pompe, mais son plan augmenterait le coût du diesel et du chauffage domestique. Les libéraux font valoir que les ambitions du Nouveau Parti démocratique et des conservateurs, qui visent à imposer un plafond aux émissions des grands pollueurs industriels, auraient le même effet, puisque les compagnies refileraient leurs coûts accrus aux consommateurs. Mais à la différence des autres partis, les libéraux soutiennent que leur plan serait le seul à compenser les consommateurs pour les hausses de coûts.