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Quel modèle pour le pétrole québécois?


Photo : Bloomberg

Le Parti québécois et Léo-Paul Lauzon, professeur de sciences comptables à l’Uqam, sont d’avis que le Québec devrait faire davantage pour tirer profit de l'exploitation de ses ressources pétrolières et gazières comme le font l'Alberta et la Norvège.

Le Parti québécois s’est engagé hier à favoriser l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures au Québec grâce à une nationalisation des ressources gazières basée sur le modèle de la Norvège.

Léo-Paul Lauzon rappelle dans sa chronique publiée dans Métro que «le président de Junex (détenteur d’un droit d’exploration) affirme que le coût d’exploration en Gaspésie sera inférieur à 10 dollars le baril et qu’il aura à verser une redevance de 10% à Québec, contre 40% en Alberta» lors de la phase d’exploitation.

«À 100 dollars le baril de pétrole, Junex réalisera un bénéfice de 80 dollars le baril sans aucun investissement et avec un risque nul», déplore Léo-Paul Lauzon.

Il soutient aussi que les droits d’exploration de Junex, Gastem et Pétrolia ont été donnés gratuitement par les élus. Jean-Thomas Bernard, expert en économie des ressources naturelles à l’Université Laval, soutient de son côté que les droits d’exploration en Norvège sont distribués aux enchères.

Le PQ accuse le gouvernement Charest de fermer les yeux sur un potentiel d'hydrocarbure qui pourrait rapporter 20 milliards de dollars sur 10 ans en redevances à l'État.

Jean-Thomas Bernard prévient toutefois qu’il faut faire attention à de telles estimations. Il précise qu’il n’y a pas encore de découvertes qui ont été faites dans la région du golfe du Saint-Laurent.

En 1972, la Compagnie pétrolière norvégienne Statoil était formée, deux ans avant la découverte dans la mer du Nord du champ pétrolier Statfjord, dont l’exploitation a commencé en 1979.

Au moment de sa fusion avec Norsk Hydro pour former StatoilHydro en octobre 2007, Statoil avait des opérations dans 39 champs pétroliers de gaziers sur le plateau continental norvégien.

S’enrichir et se libérer du pétrole étranger

Le PQ verrait une société d’État faire l’exploration et l’exploitation des ressources pétrolières et gazières, afin de libérer le Québec de sa dépendance au pétrole étranger et d’améliorer sa balance commerciale.

Il soutient aussi que la production d’hydrocarbures représenterait une source importante de richesse. Selon Le New York Times «avec les immenses profits générés, le gouvernement norvégien a créé un fonds collectif qui totalise 300 milliards et atteindra 1 000 milliards de dollars dans 10 ans», rappelle Lauzon.

Ce dernier affirme que la Norvège n’a pas hésité à nationaliser son pétrole et son gaz, et que «tout l’argent va au peuple et non aux opportunistes».

Rappelons également que l’Alberta a été la première province canadienne à rembourser sa dette en entier, grâce aux redevances imposées aux compagnies exploitant ses ressources naturelles.

Fin de non-recevoir à Ottawa

Le PQ soutient que plusieurs projets dans le golfe du Saint-Laurent, dont Old Harry au large des Îles-de-la-Madeleine, ont été abandonnés en raison de l’absence de l’accord d’Ottawa et de Terre-Neuve.

Pauline Marois déplore que le gouvernement Charest n’ait pas cru bon de maintenir en poste le mandataire qu'il avait nommé pour mener ces négociations.

Pour aller de l'avant, le Québec devrait toutefois régler un litige avec le gouvernement canadien concernant le fond marin du territoire de Old Harry, situé au large des Iles-de-la-Madeleine, et qui serait gorgé de pétrole ou de gaz naturel, soutient La Presse Canadienne.

Mario Dumont a admis au Nouvelliste hier que le Québec pouvait avoir un potentiel en hydrocarbures. «Mais les 20 milliards de dollars dont on parle, et tout cela, c’est vivre dans un rêve. Il n’y a pas un journal économique sérieux qui va diffuser ça. Ça fait pensée magique», a dit le chef de l’opposition officielle.

Avec La Presse Canadienne

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