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Le premier ministre canadien estime que ce n'est plus business as usual avec la Russie. Photo : Bloomberg.
Conséquence directe du conflit entre la Géorgie et la Russie, le premier ministre Stephen Harper a déclaré mardi qu'il avait l'intention de revoir tous les aspects de la coopération entre le Canada et la Russie. Y compris les aspects économiques.
«Le message est que ce n'est pas ‘business as usual’ avec la Russie, et c'est un incident très important», a souligné M. Harper.
Cela implique directement le projet Rabaska, dans lequel le holding russe Gazprom est partenaire depuis mai dernier. Une entente préalable pour la livraison en gaz naturel liquifié (GNL) à hauteur de 100% des capacités du futur port méthanier a été signée entre Gazprom et le consortium à la tête de Rabaska, à savoir les sociétés canadiennes Gaz métro et Enbridge ainsi que le français Gaz de France.
La rupture de ces ententes priverait Gazprom de l'espoir d'accéder prochainement au marché nord-américain, fait remarquer Ivan Andrievski, partenaire de la compagnie 2K Audit - Delovye konsoultatsiï, au quotidien russe Gazeta.
Vitali Krioukov. analyste du groupe d'investissement Kapital, partage cet avis: «Gazprom envisageait de livrer des volumes importants de GNL justement sur le marché d'Amérique du Nord, c'est pourquoi ces déclarations constituent, dans l'ensemble, une tendance regrettable pour le holding, car elles peuvent entraver considérablement l'arrivée de la compagnie sur ce nouveau marché», estime l'expert.
Le terminal méthanier canadien pourrait être un ticket d'entrée sur le marché américain. En outre, les terminaux canadiens sont une solution idéale du point de vue de l'optimisation de l'itinéraire et de la durée du transport du gaz liquéfié, d’après les experts interrogés.
Gazprom doit importer en Amérique du Nord via Rabaska du gaz naturel liquéfié provenant du gisement de Chtokman, situé dans la partie centrale de la mer de Barents, à 450 kilomètres au nord-est de Mourmansk. Le projet Rabaska doit être opérationnel en 2014.
Les Russes ne semblent pas vouloir quitter la Géorgie
Malgré les promesses réitérées du Kremlin d'un retrait d'ici vendredi, les forces russes semblent au contraire se préparer à une longue présence en Géorgie, au grand dam des Occidentaux. Des soldats russes ont ainsi pris position jeudi à l'entrée du port de Poti, dans l'ouest du pays sur la mer Noire, creusant des tranchées et installant des mortiers.
Plusieurs véhicules blindés de transports de troupes et camions ont bloqué le pont constituant la seule voie d'accès terrestre à Poti, tandis que d'autres véhicules militaires ont établi un cantonnement dans des bois à proximité.
L'armée russe, parallèlement, tenait toujours ses positions autour de Gori, à quelques kilomètres au sud de la province séparatiste d'Ossétie du Sud, et à Igoeti, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale Tbilissi. Gori et Igoeti sont toutes les deux situées le long du principal axe routier est-ouest, dont le contrôle par les forces russes permet de couper la Géorgie en deux.
Aucun signe de retrait manifeste n'a pu être constaté, en dépit des promesses du président russe Dimitri Medvedev. Les troupes envoyées par Moscou après l'offensive géorgienne en Ossétie du Sud semblent s'installer pour un long moment. Certains s'inquiètent que Moscou ait pour objectif d'occuper durablement la petite république de Géorgie, alliée des Occidentaux.
Avec RIA Novosti, PC et AFP.