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Moins de pétrole à cause du conflit Géorgie-Russie


Le pipeline a coûté 3 milliards de dollars américains. Photo : DR.

La compagnie pétrolière BP a fermé par précaution l'oléoduc Bakou-Soupsa qui traverse la Géorgie. Celui-ci achemine chaque jour 90 000 barils de pétrole brut de la mer Caspienne.

Cette coupure avive les craintes occidentales de perturbation dans l’approvisionnement mondial en pétrole, apparues depuis le déclenchement des combats qui opposent la Géorgie à la Russie depuis cinq jours.

Des rumeurs indiquaient hier que les forces russes avaient cherché à endommager l’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan), construit pour plus de 3 milliards de dollars américains par une douzaine de partenaires, dont BP à hauteur de 30%. Le BTC, long de 1 774 km, a une capacité de 1,2 million de barils par jour. C'est la pièce maîtresse du "corridor énergétique est-ouest" qui permet de contourner la Russie.

L’emplacement stratégique de la Géorgie

L’arrivée à la présidence géorgienne de Mikhaïl Saakachvili en 2004 s’est accompagnée d’une politique visant à faire de la Géorgie une voie privilégiée pour le transit de gaz et de pétrole.

«Si la Géorgie n'est plus une voie de passage sûre, alors tous ces plans pour réduire la dépendance vis-à-vis de la Russie vont partir en fumée», explique Michael Klare, auteur d'un ouvrage sur la géopolitique de l'énergie intitulé "Rising Powers, Shrinking Planet, the New Geopolitics of Energy".

Récemment, Steve Levine, auteur de "The Oil and the Glory", estimait que l'oléoduc BTC constituait «la première brèche significative dans le contrôle exclusif que la Russie détenait jusque-là sur tout le pétrole et le gaz naturel des Etats de la mer Caspienne». «Désormais la Russie ne mène plus le jeu en toute impunité. L'Azerbaïdjan et la Géorgie, par exemple, s'appuient sur cet oléoduc pour leur indépendance politique.»

Des compagnies énergétiques, comme BP, ont ainsi misé sur ce pays pro-occidental, situé entre l’Iran et la Russie, pour exporter les hydrocarbures extraits d'Azerbaïdjan, au bord de la mer Caspienne. En 2010, la Géorgie devrait exporter entre 2,4 et 5,9 millions de barils de pétrole par jour.

Ce matin, le prix du cours du pétrole était néanmoins à la baisse. L’explication? Une autre nouvelle a redonné confiance aux investisseurs : l’annonce par la Chine, deuxième consommateur mondial d'or noir, d'une baisse inattendue de 7% de ses importations de brut en juillet, la plus forte depuis janvier.

Avec PC.

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