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La pétrolière Ultramar a obtenu la permission de la Commission de protection du territoire agricole du Québec pour construire un oléoduc entre Québec et Montréal.
Cette décision vient mettre fin à plus de trois ans de discussions entre la pétrolière et 32 municipalités, traversées par ce projet de pipeline à construire sur 238 kilomètres. Toutefois, des agriculteurs songent à en appeler de la décision.
Evalués à 275 millions $, les travaux devront être réalisés d'ici aux cinq prochaines années, a conclu la Commission.
De plus, Ultramar devra s'entendre avec quatre de ces municipalités, qui n'ont toujours pas accordé leur soutien à ce méga-projet reliant la raffinerie de Lévis au terminal de Montréal-Est.
"Comme on dit, on ne peut pas se battre contre le progrès, il va y avoir moins de citernes sur la route, sur les trains et sur les bateaux, c'est plus vert", a confié, mercredi, Jacques Tassé, le maire de Sainte-Eulalie, au Centre-du-Québec.
Il a souligné que les garanties de sécurité fournies par Ultramar étaient tout à fait convenables, en ajoutant que des compensations financières sont prévues. Toutefois, il ne pouvait pas en déterminer la valeur.
A l'origine, bon nombre d'agriculteurs avaient fait valoir leur désaccord, craignant les répercussions du passage du pipeline sur leurs terres.
De même, la municipalité appréhendait le passage de l'oléoduc à quelques mètres à peine de la source d'eau potable principale. A ce moment, on avait même songé à voter une résolution pour contrer les visées d'Ultramar.
Si Sainte-Eulalie a accueilli la nouvelle avec sérénité, les agriculteurs touchés sont en furie. L'association qui les représente dans ce litige entend même contester la position de la Commission, a affirmé, mercredi, le président de l'Association des propriétaires privés, agricoles, acéricoles et forestiers (APPAF), Mario Chrétien.
"Pour les agriculteurs, ce n'est pas satisfaisant. Pourtant, on avait soumis des alternatives réalisables, mais on ne nous a jamais écoutés. C'est là-dessus qu'on pourrait aller en contestation."