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Dimitri Medvedev (en bleu), l'actuel président de la Russie, est toujours président du CA de Gazprom. Photo : Bloomberg.
Gazprom, qui entend devenir actionnaire du conglomérat canado-français Rabaska, est la plus grande entreprise russe et la troisième capitalisation boursière du monde. Elle est aussi le fer de lance de la politique étrangère du Kremlin…
La force de Gazprom repose sur la production et le transport de gaz naturel. Le groupe produit 95% du gaz naturel russe, tout en contrôlant 17% des réserves mondiales. Il est à la tête du plus grand réseau de gazoducs du monde. Et il détient des intérêts, entre autres, dans des banques, des compagnies d’assurance, des médias et de l’immobilier.
Gazprom contribue pour quelque 20% des recettes budgétaires de l’État russe et à hauteur de 8% de son PIB. Elle emploie 450 000 personnes.
Troisième capitalisation boursière du monde
L’intronisation de Dimitri Medvedev, actuel président du conseil d’administration de Gazprom, au poste de président de la Fédération de Russie, a dopé le cours en Bourse du géant gazier russe. Celui-ci a gagné alors 4,2% en une journée à la Bourse de Moscou, portant sa capitalisation boursière à 360 milliards de dollars américains.
Du coup, Gazprom est devenu la troisième capitalisation boursière du monde, après Exxon Mobil et PetroChina. Il a réussi à devancer China Mobile (337 G$ US) et General Electric (325 G$ US), selon les données de Bloomberg.
Sous la houlette de Dimitri Medvedev, qui a dirigé Gazprom ces six dernières années et qui a simultanément occupé le poste de vice-premier ministre de Fédération de Russie, la valeur boursière du groupe a été multipliée par 32.
Cette progression spectaculaire est notamment attribuable à la flambée mondiale des prix des combustibles et à la politique d’expansion du groupe à l’international et dans différents secteurs économiques. Par exemple, en 2005, Gazprom a acheté pour 13 milliards de dollars américains la société pétrolière Sibneft au milliardaire russe Roman Abramovitch, qui vit maintenant en Grande-Bretagne.
Des liens étroits avec le Kremlin
Les liens étroits entre Gazprom et le Kremlin sont également une caractéristique qui rassure les investisseurs financiers, qui parient sur un soutien persistant de l’un envers l’autre. On assiste d’ailleurs à un jeu de chaises musicales en ce moment entre les deux.
Ainsi, le premier ministre russe sortant, Viktor Zoubkov, qui laisse sa place à Vladimir Poutine, vient d'être nommé au conseil d’administration de Gazprom. Il devrait, selon toute vraisemblance, en être nommé président le 27 juin prochain, lors de l’assemblée annuelle des actionnaires.
Quant à Alexeï Miller, à qui Dimitri Medvedev a cédé son poste de pdg de Gazprom à la suite de son accession à la présidence de la Fédération de Russie, il fut un adjoint fidèle de Vladimir Poutine lorsque celui-ci était maire de Saint-Pétersbourg.
Moyen de pression internationale
Pourquoi un tel contrôle du Kremlin sur le gazier russe? C’est que Gazprom intervient directement dans la politique étrangère russe.
Un exemple est éclairant : les tensions politiques entre la Russie et l’Ukraine. Depuis des années, Vladimir Poutine menaçait de réduire drastiquement les livraisons de gaz à son voisin, s’il ne réglait pas différentes dettes. En février dernier, un accord a été trouvé in-extremis, alors que Gazprom avait averti qu’elle s’apprêtait à couper les vannes du jour au lendemain.
(Pour plus de détails sur les nouveaux liens entre Gazprom et Rabaska, cliquez ici.)