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Prix de l'essence: la grogne des Américains


Photo: Bloomberg

Confrontés à la hausse du prix de l'essence, de plus en plus d'Américains manifestent leur mécontentement de manière originale, certains enfourchant leur vélo ou un cheval, d'autres entonnant des chansons de protestation ou menant des actions peu recommandables.

Tracy Daar, 17 ans, a commencé à prendre son vélo pour se rendre au lycée d'Eclectic, en Alabama (sud-est des États-Unis), à 19 kilomètres de son domicile, lorsque les prix de l'essence ont atteint 3,50 dollars le gallon (3,8 litres) récemment. "Ce fut d'abord un simple moyen d'économiser de l'argent, mais lorsque d'autres ont commencé à faire pareil, cela a pris des allures de mouvement de protestation", explique-t-il.

Selon Jim Adams, le proviseur de l'établissement, une quarantaine d'élèves utilisent maintenant leur vélo pour venir au lycée. Outre le désir de faire des économies, ils espèrent aussi attirer l'attention sur le fléau de l'obésité chez les jeunes.

"Cela m'a vraiment surpris car la voiture est vraiment un symbole de statut chez les adolescents", souligne M. Adams. "Personne ne pensait que ce serait tendance de faire du vélo, mais cela commence à le devenir à Eclectic."

A Valparaiso, dans l'Indiana, Jay Weinberg, 29 ans a enregistré une chanson de protestation avec un groupe local, qui dit notamment: "Les prix flambent alors nous crions, qu'est-ce qui fait grimper le prix du carburant? Je n'ai pas les moyens de l'acheter." M. Weinberg a été accusé de trouble à l'ordre public après avoir chanté cet air revendicatif à l'aide d'un mégaphone sur le toit d'un magasin à l'heure de pointe de l'après-midi du 6 mai.

De son côté, Allan Peerce, 53 ans, raconte avoir été accusé de faire de la publicité pour son entreprise d'enseignes à Leitchfield (Kentucky) en se déplaçant sur un cheval paré d'une petite pancarte où l'on peut lire: "En protestation contre les prix du gazole et de l'essence." Il affirme être déjà submergé de travail et s'inquiéter du sort des chauffeurs routiers dont il décore les portes des semi-remorque.

Il a commencé à arborer la pancarte lorsque le gallon de diesel a atteint 4 dollars (2,60 euros). Et il affirme qu'il campera sur la place du tribunal de la ville, si le prix grimpe jusqu'à 4,20 dollars (2,73 euros). "Quelqu'un doit se mettre debout et faire quelque chose", dit-il.

Trois responsables d'un lycée de Pennsylvanie veulent organiser une marche de 350 kilomètres pour alerter l'opinion sur les facteurs qui font monter les prix du carburant. Il ne s'agit pas de manifester contre les prix à la pompe, mais de "sensibiliser et montrer aux gens ce qu'ils peuvent faire et les amener à s'impliquer", précise Aaron Steinly, un proviseur adjoint de la United Junior Senior High School.

Le proviseur, Lewis Kindja, et ses deux collègues espèrent collecter des fonds et peut-être rencontrer des élus de la nation lors de leur marche de neuf jours, qui commencera le 5 juin et s'achèvera à Washington. L'argent récolté servira à financer des programmes pédagogiques dans les écoles de Pennsylvanie sur les carburants alternatifs et les questions environnementales. "Si on ne commence pas à entreprendre des changements, nous risquons de nous retrouver dans une situation difficile plus tard", explique M. Kindja.

Dans le Tennessee, le shérif John Holder mène l'enquête sur un acte de protestation apparent contre le prix de l'essence d'un goût plus que douteux: une biche morte a été suspendue à l'enseigne d'une station service à Ashland City avec une pancarte où l'on peut lire: "Baissez le prix de l'essence. Les humains se vengent sur nous." Aucun suspect n'a été arrêté pour l'heure.

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