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Vendredi 03 juillet 2009
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Le discours de Monique Jérôme-Forget a changé, aujourd'hui. Photo : Lesaffaires.tv.
Québec fait volte-face et ouvre désormais la porte à un éventuel déficit l'an prochain.
Le 4 novembre, veille du déclenchement de la dernière campagne électorale, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, avait pourtant pris l'engagement ferme et sans équivoque de présenter un budget équilibré cette année et même l'année suivante.
"Ainsi, malgré le contexte, j'annonce que les finances publiques du Québec demeureront équilibrées cette année et l'an prochain", affirmait-elle, ne laissant aucune place au doute.
Mais mardi, son discours avait changé.
"Je vais prendre les engagements en temps et lieu quand j'aurai la situation claire", a-t-elle déclaré à son entrée à une réunion du caucus libéral, lorsque les journalistes lui ont demandé si elle était prête à répéter ses engagements passés.
Mme Jérôme-Forget s'est montrée cependant confiante de pouvoir déposer un budget équilibré, en mars prochain.
Il y a deux mois à peine, à l'occasion d'une mise à jour économique, la ministre soutenait alors qu'une réserve de 2,3 milliards $ accumulés dans les coffres de l'Etat en 2006-2007 et 2007-2008 l'assurait de pouvoir maintenir l'équilibre budgétaire en 2008-2009 et 2009-2010, malgré le ralentissement économique attendu.
De son côté, interrogé sur le même sujet, le premier ministre Jean Charest est quant à lui demeuré évasif.
"On fait tous les efforts pour avoir un budget équilibré", a-t-il dit.
Pour justifier sa volte-face, la ministre Jérôme-Forget a fait remarquer qu'à travers la planète tous les gouvernements revoyaient à la baisse leurs revenus anticipés, vu le contexte économique difficile.
"Le Québec, manifestement, ne va pas être épargné", a-t-elle ajouté.
Mais début novembre, alors qu'il s'apprêtait à déclencher une campagne électorale, le gouvernement Charest se montrait beaucoup plus rassurant sur la santé des finances publiques et plus sûr de lui.
Les savants calculs de la ministre avaient toutefois été aussitôt mis en doute par le vérificateur général, Renaud Lachance.
Ce dernier estimait que Québec, dans les faits, devait composer avec un déficit accumulé de 5,8 milliards $. Le gouvernement réussissait, selon lui,
à observer le dogme du déficit zéro en s'alignant sur un projet de loi de réforme comptable qui n'a jamais été adopté.
La réserve du gouvernement provient de la vente d'actifs d'Hydro-Québec et du transfert à la dette du déficit.
En novembre dernier, Québec revoyait à la baisse ses prévisions de croissance économique, qui passaient à 0,8 pour cent pour l'année en cours, alors qu'on anticipait une croissance de 1,5 pour cent, huit mois plus tôt.
Pour 2009-2010, on prévoyait éviter la récession avec une croissance de 0,6 pour cent, au lieu des 2 pour cent anticipés en mars.