go

Recherche avancée

Accueil

Accueil >> Industries  >> Économie  >> Détail d'article

Le Japon va droit vers la récession


La plupart des analystes japonais s'attendent à une regression du PIB au deuxième trimestre. Photo : Bloomberg.

C’est maintenant presque officiel. Le gouvernement japonais a annoncé que le pays s’approchait dangereusement d’un état de récession économique.

Un porte-parole du gouvernement a en effet reconnu que «l’économie faiblissait» et que l’on pouvait évoquer le terme de «récession». L’économie japonaise est entrée «dans une phase où l'on ne peut pas forcément demeurer optimiste», a plus sobrement déclaré le ministre de la Politique économique et budgétaire, Kaoru Yosano, au cours d'une conférence de presse.

Selon la définition la plus couramment admise, la récession est caractérisée par au moins deux trimestres consécutifs de recul du produit intérieur brut (PIB). Si le PIB japonais a progressé de 1% au premier trimestre 2008 par rapport au trimestre précédent, celui du deuxième trimestre, qui sera publié le 13 août, est attendu en baisse par la plupart des économistes.

Improbable rémission

«Une rémission rapide est improbable sur le moyen et long terme», estime Hiromichi Shirakawa, du Crédit Suisse, qui mise sur une contraction du PIB de 2,6% au deuxième trimestre.

De son côté, Kyohei Morita, économiste chez Barclays Capital, prévoit un recul de 1,5%, estimant que «tous les indicateurs mensuels publiés jusqu'à présent confirment que l'économie japonaise est entrée dans une phase de stagnation au deuxième trimestre».

Officiellement, le gouvernement table pourtant sur une croissance économique de 1,3% sur l'ensemble de l'année bugétaire 2008-2009, qui va d'avril à mars.

Loin du boom Izanagi

En fait, cela sonne la fin de la plus longue période de prospérité du Japon depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui avait duré 78 mois d’affilée. L'expansion dont Tokyo vient de sonner la fin a largement dépassé en durée les 57 mois de croissance du "boom Izanagi", baptisé d'après le nom d'un des dieux à l'origine de la création du Japon, selon la religion shintoïste, et qui avait hissé le pays au rang de deuxième économie mondiale en 1968.

Entre 1965 et 1970, l'économie japonaise avait ainsi progressé au rythme moyen de 11,5% par an grâce à une frénésie d’achats d'automobiles, de téléviseurs et de climatiseurs. En guise de comparaison, la croissance n'a atteint que 2,1% en 2007.

L’impact du ralentissement économique américain

Le Japon est actuellement confronté à un ralentissement de la demande aux Etats-Unis, principal client de ses exportations. L'archipel, presque entièrement dépourvu de ressources naturelles, subit de surcroît l'envolée actuelle des prix du pétrole et des autres matières premières.

En juin, les exportations japonaises ont ainsi reculé pour la première fois depuis novembre 2003 (-1,7% sur un an). La production industrielle et l'investissement des entreprises sont également sur le déclin.

Voyant leurs bénéfices amoindris, les entreprises japonaises s'abstiennent en outre d'augmenter les salaires. Du coup, la consommation des ménages est en recul constant depuis quatre mois (-1,8% en juin), un phénomène accentué par l'inflation liée à l'envolée des cours des carburants et des prix alimentaires.

Avec AFP.

Publicité

les affaires.tv

Publicité
Publicité

Liens commerciaux