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Production dans des zones sensibles. Photo: Bloomberg
La baisse récente du prix du baril du pétrole ne serait, selon Avery Shenfeld de la CIBC, qu’un léger glissement sur un marché toujours aussi tendu.
Les analystes sont divisés sur la question du pétrole. Certains penchent pour l’hypothèse que le ralentissement mondial va entrainer une baisse de la demande et donc des prix. Alors que d’autres estiment que le déséquilibre entre l’offre et la demande est loin de se résorber. Si bien que les prix ne peuvent que poursuivre leur ascension.
Avery Shenfeld de la CIBC appartient au deuxième groupe. Le repli récent du pétrole de son niveau record de 147,50 dollars à son cours actuel de 123 dollars n’ébranle pas sa vision.
«Que représente ce repli quand le cours n’est retombé qu’à son niveau déjà record de mai dernier?», s’interroge-t-il. «Pas grand chose. Sinon que la volatilité est très forte, ce qui est en soi un signe supplémentaire de la tension entre l’offre et la demande».
À son avis, les fondamentaux pour le pétrole n’ont pas changé. Les pays émergents en sont toujours aussi avides. De plus, la demande est donc très inélastique. Il faut compter sur de très larges hausses de prix pour modifier durablement le comportement du consommateur.
Entretemps, la production ne progresse pas sensiblement. Elle se situe dans des zones politiquement sensibles ou exposée aux aléas de la nature. Dans ce contexte très tendu, la moindre nouvelle négative provoque des soubresauts sur les marchés.
Avery Shenfeld prévoit encore de la volatilité, mais pas de baisse durable des prix. L’équipe d’économistes de la CIBC à laquelle il appartient, menée par Jeff Rubin, prévoit que le baril atteindrait 150 dollars à la fin de 2008 et 200 dollars dans deux ans.
Leurs collègues du secteur de l’énergie ne partagent pas leur opinion. L’équipe d’analystes pour le pétrole et le gaz naturel à la CIBC, menée par Rob Plexman, ont placé leur cible à 125 dollars dans deux ans.
Chez Lehman Brothers, l'analyste Edward Morse pense que de telles prédictions trop alarmistes ne tiennent pas. Il souligne que des "inventaires non-observés" se sont constituées au Moyen -Orient et en Asie. Edward Morse table aussi sur un ralentissement de la demande chinoise après les Jeux Olympiques.
Même s'il anticipe de la volatilité, la tendance lourde pointerait vers un repli qui se confirmerait vers la fin de 2008 et se stabiliser au premier trimestre de 2009. Le baril serait alors redescendu à 93 dollars.
L'affrontement entre les deux camps prend des allures passionnées. Avery Shenfeld ironise sur l'attitude des analystes qui entrevoient des tendances lourdes au moindre soubre-saut. Alors que Edward Morse est d'avis que les cibles trop élevées de certains analystes continuent d'alimenter des perceptions alarmistes sur ce marché.
L’économie n’est pas une science exacte!