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Inflation : que fera la Banque du Canada ?


Choix cornélien entre croissance et inflation. Photo: Bloomberg 

En juin, l’inflation a atteint 3,1% sur une base annuelle. Elle a largement dépassé la cible de 2% de la Banque du Canada. Et pourtant, une hausse des taux n’est pas à l’ordre du jour.

Le taux d'inflation bondit d'un point

Non seulement la Banque du Canada n’agira pas tout de suite, mais elle se prépare même à ce que l’inflation atteigne un pic de 4,5% au premier semestre de 2009. Elle l’a annoncé dans son dernier rapport sur la politique monétaire publié en juillet.

C’est, sans conteste, la faible croissance économique qui retient la Banque du Canada. Rehausser les taux d’intérêt à ce stade équivaudrait à apporter un coup de frein à une économie déjà fragilisée.

De plus, la Banque du Canada anticipe que les l’inflation ralentira sous l’effet du ralentissement économique actuel. En effet, un allégement de la demande intérieure, devrait contenir la pression sur les prix.

C’est la raison pour laquelle la banque centrale ne voit pas de raison de resserrer la vis à ce stade.

Inflation de base

Pour appuyer ses arguments, la Banque du Canada dissocie dans les données sur l’inflation les éléments qui sont maîtrisables au moyen d’une politique monétaire appropriée (l’inflation de base) de ceux qui échappent à son contrôle.

Si donc l’inflation totale a atteint 3,1%, sous l’impulsion de la flambée de l’essence, la Banque se rassure du fait que l’inflation de base reste, pour sa part, à 1,5%.

«Ceci correspond à la cible d’inflation de base pour le troisième trimestre», commente Douglas Porter de la BMO.

D’autre part, si les derniers chiffres d’inflation font tiquer, la Banque du Canada a déjà désamorcé la bombe en publiant des prévisions d’inflation maximale de 4,5% au début de 2009. Elle pense ainsi qu’il n’y aura pas de décalage entre les attentes inflationnistes et les véritables chiffres de l’inflation.

Le consensus des économistes table ainsi sur des taux d’intérêts inchangés à 3% pour le reste de l’année 2008.

Renversement en 2009?

Pourtant, Avery Shenfeld de la CIBC met en garde contre le «calme apparent» au niveau de l’inflation de base. Selon les études économiques de la CIBC, seuls des facteurs saisonniers auraient maintenu les prix de base sous contrôle. Lorsqu’on procède à un ajustement saisonnier de cet indice, on constaterait une accélération sensible durant les trois derniers mois. La hausse de l’indice de l’inflation de base serait alors passé à 3%.

Prévoyant des «eaux troubles en amont», Avery Shenfeld estime que, dès le début de 2009, des hausses de taux sont à prévoir. Il anticipe plusieurs hausses consécutives pour relever les taux d’intérêts de 100 points de base en 2009.

«Et malgré cela, on pourrait connaître un taux d’inflation de 3% en 2009», prévient-il.


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