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La Banque du Canada ne craint pas de dérapage inflationniste


Pic inflationniste au premier semestre de 2009. Photo:Bloomberg

Si la hausse des prix au second trimestre de 2008 s’est révélée supérieure à ses prévisions, la Banque du Canada estime que les dérapages inflationnistes ne se produiront pas. L’inflation est, à son avis, contenue à l’impact de la hausse des prix de l’énergie.

C’est ce que publie la Banque du Canada dans la dernière édition de son rapport sur la politique monétaire.

Si les prix de l’énergie suivent la tendance vers laquelle pointent les contrats à terme, le taux d’accroissement de l’IPC global devrait se hisser temporairement au dessus de 4% et culminer au premier semestre de 2009, estime la Banque. Cependant l’inflation de base demeurerait maîtrisée.

En outre, la Banque estime aussi que les attentes inflationnistes sont bien arrimées à sa cible de 2%. Ces attentes ont eu tendance à augmenter avec la hausse du prix du pétrole mais s’inversent que le prix du baril prend la pente descendante.

Croissance à 1,0% en 2008

Le ralentissement de la croissance frappera le Canada essentiellement en 2008 quand la croissance ne dépassera pas 1,0%. Il s’agit d’un recul plus prononcé que prévu, induit par les baisses d’inventaires.

Cependant, la banque centrale table sur une reprise en 2009 avec une croissance de 2,3% avant de revenir à son rythme de croisière à 3,3% en 2010.

Ce qui joue en faveur de l’économie canadienne est l’amélioration des termes de change qu’a apportée la hausse des prix des produits de base qu’exporte le Canada vers le reste du monde. La Banque du Canada table aussi sur une modeste reprise de l’économie américaine. Celle-ci alimentera la demande pour les exportations canadiennes aux États-Unis.

De plus l’économie canadienne est soutenue par sa forte demande intérieure. L’accès au crédit est demeuré relativement aisé, les banques ayant relevé leurs taux d’intérêts mais n’ayant pas resserré les autres conditions d’octroi de prêts.

Risques équilibrés

Les risques portant sur l’économie canadienne sont que les prix des produits de base chutent plus fortement qu’escompté, que le ralentissement de l’économie américaine perdure et que la débâcle des marchés financiers se poursuive.

Du côté de risques à la hausse, la demande intérieure pourrait se révéler plus forte que prévu. La production potentielle pourrait aussi avoir été surévaluée, compte tenu d’un risque de recul de la productivité. En outre, si coûts de production dans les pays émergents venaient à gonfler sous l’effet de pressions inflationnistes, les importations canadiennes seraient plus chères que prévu.

La Banque du Canada estime toutefois ces risques équilibrés.

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