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«L'inflation n'est pas un problème», selon Harper

  • Christine Deslandes
  • 9 juillet 2008

Le Canada est dans une «position unique», ayant échappé à l’intensification des pressions inflationnistes, selon Harper. Photo: Bloomberg 

D'après Stephen Harper, l’inflation n’est pas la principale préoccupation des huit pays les plus puissants économiquement, et les politiques monétaires ne sont pas trop accommodantes, du moins à ce stade-ci.

« À notre avis, la position actuelle du gouvernement et celle de la Banque du Canada ne sont pas inflationnistes », a dit aujourd’hui le premier ministre canadien lors du sommet du G-8 au Japon.

« Je pense que le danger est ressenti ailleurs », a-t-il déclaré. « Au Canada, la situation est sous contrôle. »

Le taux d’inflation au Canada est pratiquement deux fois moins élevé que ceux des États-Unis et de la zone euro, ce qui permet à la Banque du Canada de se dissocier des autres banques centrales dans le resserrement des conditions de crédit. Au moins 16 banques centrales ont haussé les taux d’intérêt la semaine dernière pour contenir l’inflation.

L’appréciation de 49 % du dollar canadien au cours des six dernières années a réduit les prix des produits importés des États-Unis et provoqué la fermeture de manufacturiers canadiens moins rentables, libérant une capacité de production qui a permis au secteur de l’énergie de se développer sans alimenter les pressions inflationnistes.

La Banque du Canada a diminué le coût du crédit à quatre reprises depuis décembre dernier, pour un total de 1,5 %. Pendant ce temps, le gouvernement Harper allait de l’avant avec son programme de réduction du fardeau fiscal, qui dégagera 60 milliards $ sur cinq ans dans le but de contrer l’effet de contagion pouvant survenir du ralentissement de l’économie américaine.

Selon M. Harper, le succès du pays dans le contrôle de l’augmentation des prix découle de sa politique « claire » de taux d’intérêt et de ses mesures d’intervention sur le marché des changes.

Cible d’inflation

Le Canada a une cible d’inflation clairement définie. Ainsi, la variation des taux d’intérêt ne vise qu’à maintenir le taux d’inflation annuel entre 1 et 3 %, avec une cible optimale de 2 %.

Les commentaires du premier ministre en ce qui a trait à la politique canadienne faisaient indirectement référence à une division au sein du Groupe des Huit. Le secrétaire d’État au Trésor américain, Henry Paulson, a dit un peu plus tôt en juillet, lors d’une entrevue accordée à BBC, qu’il est davantage préoccupé par la santé de l’économie que par un risque émanant de l’inflation. En revanche, les ministres des Finances de la zone euro voient l’inflation comme la principale menace.

La Banque centrale européenne a d’ailleurs augmenté son taux directeur d’un quart de point, à 4,25 %, la semaine dernière.

Alors que Stephen Harper s’entendait hier avec ses collègues du G-8 pour dire que la flambée des prix des aliments et du pétrole représente un « défi sérieux » pour l’économie mondiale, le premier ministre a dit aujourd’hui que son pays « est dans une position unique », ayant échappé à l’intensification des pressions inflationnistes à l’échelle mondiale.

Hausses de prix

Dans la zone euro, l’inflation s’est accrue à 4 % en mai, le niveau le plus élevé en 16 ans, tandis que le taux américain a atteint 4,2 %. Au Royaume-Uni, l’indice des prix à la consommation (IPC) est ressorti en hausse de 3,3 % en mai par rapport à l’an dernier. L’inflation annuelle canadienne, quant à elle, s’est maintenue à 2,2 %.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a lancé un avertissement le mois dernier sur le fait que les prix de l’énergie pourraient éventuellement propulser le taux d’inflation au-dessus du niveau le plus élevé de la fourchette cible, sous l’effet de ce qu’il a appelé le « plus grand choc de matières premières de notre vie ».

Au Canada, les salaires augmentent également à un rythme qui se rapproche du sommet de la dernière décennie, propulsés par les demandes des travailleurs dans les secteurs miniers et de l’énergie. Après le Moyen-Orient, le Canada détient les plus grandes réserves de pétrole au monde.

Malgré tout, M. Harper a dit que rien ne permet de penser que le marché de l’emploi génère de l’inflation. Il croit que c’est plutôt le reflet de la vigueur de l’économie canadienne.

«Tant que nous enregistrerons une croissance saine des revenus nationaux, ce que nous faisons présentement, nous pourrons supporter des hausses raisonnables de salaires», a dit le premier ministre.

Selon Bloomberg

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