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Beaucoup estiment que la Chine et d'autres comme l'Inde et le Brésil, devraient entrer dans ce club très restreint. Photo: Bloomberg
Flambée des cours du pétrole, hausse des prix des denrées alimentaires, ralentissement de la croissance mondiale... Les chefs d'État et de gouvernement des pays du G-8 réunis à Hokkaïdo, au Japon, affrontent la conjoncture économique la plus sombre depuis au moins dix ans.
L'Afrique en ouverture du sommet du G-8
Les perspectives se sont fortement dégradées depuis le sommet de l'an dernier à Heiligendamm, en Allemagne, où les dirigeants des huit pays les plus industrialisés avaient jugé l'économie en "bonne santé". Le baril de pétrole n'atteignait alors "que" 70 dollars, un prix qui semblait pourtant élevé.
Depuis, la crise des crédits immobiliers à risque (subprimes) aux Etats-Unis a frappé, affectant les marchés et les sociétés financières. Le cours de l'or noir a doublé pour dépasser les 140 dollars et les prix des denrées alimentaires, et plus généralement des matières premières, se sont envolés.
"Les choses se sont aggravées", note Robert Hormats, vice-président de Goldman Sachs à New York. Les problèmes économiques sont désormais plus sérieux et étendus que lors de la crise financière asiatique de 1997-98, dont les conséquences avaient été largement limitées aux marchés émergents, précise-t-il.
"Aujourd'hui, il y a un désordre financier dont les Etats-Unis sont l'épicentre", explique M. Hormats. Et la hausse des carburants et des denrées "sont des questions graves qui affectent un grand nombre de personnes".
Le Japon, qui accueille le sommet du G-8, a voulu placer la réunion sous le signe du réchauffement climatique, mais c'est bien la question économique qui risque de se retrouver sous les feux des projecteurs. Le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda espère que la réunion "montrera la voie" pour juguler la hausse des prix du pétrole et des denrées, tout en précisant qu'il ne s'agit que d'"une étape" dans un long processus.
Sur le pétrole, les dirigeants du G-8 -Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie, Russie et Canada- devraient se limiter à demander une augmentation de l'offre, répétant ainsi le message de leurs ministres des Finances qui se sont rencontrés le mois dernier à Osaka, selon les analystes.
Des divergences ne sont toutefois pas à exclure. L'Allemagne, la France et l'Italie tiennent ainsi les spéculateurs pour largement responsables de la flambée du pétrole alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne veulent mettre l'accent sur l'augmentation des capacités de production.
Les prix du blé, du maïs, du riz, du soja et d'autres produits agricoles se sont également envolés en raison d'un ensemble de facteurs: changement de régime alimentaire, urbanisation, croissance démographique, mauvaises conditions météorologiques, biocarburants et spéculation. La hausse des prix des carburants et des produits alimentaires pourrait faire basculer des millions de personnes dans la pauvreté, selon la Banque asiatique de développement. En Inde, l'inflation a atteint son plus haut niveau en 13 ans, à 11,4%.
Sur le volet alimentaire, les dirigeants du G-8 pourraient annoncer des mesures d'aide ou promettre des investissements agricoles dans les pays les plus pauvres. Plus généralement, leur principal objectif sera d'afficher leur optimisme dans leur capacité à "affronter la crise pétrolière sans provoquer un effondrement de l'économie mondiale", selon Tom Cooley, doyen de l'école de commerce Stern de l'université de New York.
Le pétrole et l'énergie sont des thèmes récurrents du G-8, souligne M. Hormats. Lancés en 1975 -à l'époque ils ne comptaient que six pays-, ces sommets étaient initialement censés se concentrer sur les questions économiques, mais leur agenda s'est ensuite étendu au terrorisme, au développement de l'Afrique et à l'environnement.
Beaucoup estiment que la Chine, quatrième économie mondiale, et d'autres puissantes émergentes comme l'Inde et le Brésil, devraient entrer dans ce club très restreint. "A quel moment le G-8 comprendra-t-il que nous ne sommes plus le comité de pilotage de l'économie mondiale?", demande Lael Brainard, ancien conseiller économique de l'administration Clinton et actuel directeur de la Brookings Institution, un centre d'étude basé à Washington.
Des réunions sont toutefois prévues au sommet d'Hokkaïdo avec des dirigeants africains et de la Chine, de l'Inde, du Mexique et du Brésil.