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L'Afrique en ouverture du sommet du G-8

L'Afrique occupait une place de choix ce matin en prélude à l'ouverture du sommet du G-8 largement focalisé sur la crise alimentaire, l'explosion du prix du pétrole, le changement climatique et les désordres monétaires.

Réunis sur l'île japonaise d'Hokkaïdo, les chefs d'Etat et de gouvernement japonais, américain, français, russe, allemand, canadien, britannique et italien devaient rencontrer sept dirigeants africains pour aborder les questions clé de l'approvisionnement alimentaire, des maladies infectieuses et du développement économique.

Plusieurs organisations humanitaires accusent certains des pays du G-8, en particulier la France, le Canada et l'Italie, d'être plutôt pingres dans leur aide à l'Afrique, et exhortent ces pays à augmenter cette aide.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a pour sa part annoncé que l'Union européenne comptait consacrer 1 milliard d'euros (1,6 milliard de dollars) au développement de l'agriculture dans les pays pauvres souffrant de pénuries alimentaires et de la flambée des prix. L'enveloppe, si elle est approuvée par le Parlement et le conseil des ministres, servira à acheter "de l'engrais et des semences par exemple", a expliqué M. Barroso.

L'argent viendra des fonds destinés aux subventions agricoles non distribuées en raison de l'envolée des prix alimentaires, selon son bureau. L'UE réserve plus de 40% de ses quelque 120 milliards d'euros de budget annuel à l'agriculture.

Les pays en développement sont les plus durement touchés par la crise alimentaire, qui a provoqué des manifestations et émeutes en Afrique et en Asie.

La chancelière allemande Angela Merkel a pour sa part appelé les autres dirigeants du G-8 à prendre position sur le Zimbabwe après la victoire pour le moins contestée de Robert Mugabe au terme d'un second tour d'une présidentielle marquée par la violence.

George W. Bush s'est déclaré "extrêmement déçu" par l'élection présidentielle zimbabwéenne entachée de graves irrégularités. Washington tente de faire adopter au Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution prévoyant des sanctions contre le Zimbabwe.

L'aide à l'Afrique avait été le sujet central du sommet de Gleneagles en Ecosse il y a trois ans au cours duquel les dirigeants du G-8 avaient demandé l'augmentation de l'aide à hauteur de 50 milliards de dollars (32 milliards d'euros) par an jusqu'en 2010 -dont la moitié consacrée exclusivement à l'Afrique- et à l'annulation de la dette des pays pauvres les plus endettés.

Des organisations comme DATA, une association fondée le chanteur Bono de U2 et le producteur Bob Geldof, estiment qu'on est loin du compte. Selon DATA, les huit pays les plus industrialisés de la planète ont seulement donné collectivement trois milliards de dollars (1,91 milliard d'euros) sur les 25 milliards de dollars promis à l'Afrique.

Pour DATA, si l'Allemagne, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont respecté leur engagement, les choses semblent moins claires pour le Japon, la France, l'Italie et le Canada. "Nous avons désespérément besoin de voir le G-8 contribuer davantage", déclare Max Lawson d'Oxfam International, une autre organisation humanitaire. AP

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