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Crise : la Chine a plusieurs cartes en main

Comme prédit plus tôt cette année, le ralentissement économique semble maintenant gagner les économies émergentes, la Chine en tête, où, même si la croissance demeure forte, on peut commencer à voir certains signes de faiblesse.

Selon les chiffres de l’OCDE, les indicateurs avancés de l’Inde et du Brésil ont été particulièrement faibles ces derniers mois, au point où ils ne dépassent plus le niveau qu’ils atteignaient six mois plus tôt.

Même si les indicateurs avancés de la Chine et de la Russie laissent entrevoir une croissance potentielle, leur poids combiné ne réussira pas à faire pencher la balance, selon les économistes de la Financière Banque Nationale (FNB).

« Si nous continuons de croire que les craintes d’une montée importante de l’inflation dans les économies du G-7 sont exagérées, nous n’en gardons pas moins l’œil sur la Chine », soutient Stéfane Marion, économiste à la FNB.

En effet, la Chine a vu sa consommation d’énergie exploser depuis son arrivée dans l’OMC en 2001 et l’élasticité de sa demande est supérieure à 1, contre 0,5 en moyenne pour les pays du G7. Cette inélasticité de la demande pourrait avoir deux effets, selon Stéfane Marion :

« Dans le cas optimiste, un ralentissement de la croissance du PIB entraînera un ralentissement plus important de la consommation d’énergie (puisque l’élasticité est supérieure à un) et une réduction des tensions sur les prix – bonne nouvelle pour l’économie mondiale. Dans le cas pessimiste, Pékin surestimera la croissance potentielle du PIB et se montrera laxiste devant l’inflation. »

Pour l’instant, la Chine a réduit les subventions à l’essence, au carburant diesel et au kérosène. Cette décision a fait grimper immédiatement de 18% les prix du carburant. Les raffineurs chinois se sont également engagés à importer davantage de produits raffinés cet été.

« À plus long terme, cependant, l’importante réduction des subventions n’est pas négligeable parce qu’elle soumettra l’économie à un prix du pétrole plus proche des prix mondiaux, explique Stéfane Marion. L’élimination des subventions de l’énergie en Chine et dans d’autres pays asiatiques devrait atténuer la croissance de la demande de pétrole dans cette région du monde. Car, même si la Chine ne représente que 9% de la demande de pétrole mondiale, elle compte pour 37% de la croissance de cette demande. »

Selon la FNB, l’équilibre de l’offre et de la demande basculerait maintenant en faveur d’une baisse de prix du pétrole puisque la croissance de la l’offre dépasse celle de la demande. Ce changement de contexte pourrait ramener le prix du pétrole autour de $80 le baril d’ici la fin de 2009.

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